«Martha Marcy May Marlene»: Un film dérangeant sur une fille dérangée

THRILLER «Martha Marcy May Marlene» est un film dont on ne sort pas indemne..

Caroline Vié
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Image du film «Martha May Marcy Marlene».
Image du film «Martha May Marcy Marlene». — J. L. LIPES / TWENTIETH CENTURY FOX

Sean Durkin, producteur du passionnant Afterschool (Antonio Campos, 2008) a remporté le prix de la mise en scène au festival de Sundance en 2001, et a été sélectionné à Cannes dans la section Un Certain Regard pour Martha Marcy May Marlene. Cette suite de prénoms féminins résume bien le malaise permanent de son héroïne ayant perdu santé mentale et identité dans une secte.

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Elizabeth Olsen, sœur cadette des jumelles Ashley et Mary-Kate, a du talent pour trois. Elle fait partager l'angoisse de cette fille en fuite que la tendresse de sa sœur ne parvient pas à rassurer. La malheureuse a bien du mal à oublier un redoutable gourou (John Hawkes, vu récemment dans Winter's Bone), dont l'influence l'a fait sombrer dans la folie.

Puissant et abouti

Cette perte totale de repères d'une fille paumée dans la réalité, le cinéaste la décrit avec subtilité à l'aide de flashbacks déconcertants, faisant flirter le film avec le cinéma de genre. Un dénouement ouvert achève d'impressionner en plongeant le spectateur dans la paranoïa de cette gamine fragile. Martha Marcy May Marlene rappelle que le cinéma indépendant américain peut encore offrir des joyaux sombres et dérangeants. Délectable.