The Artist mérite-t-il vraiment un Oscar?

VOTRE AVIS Après avoir remporté plus de 30 prix dans le monde entier, The Artist vient d'ajouter à son palmarès quelques César et pourquoi pas un Oscar dimanche...

A.G et C.L

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Jean Dujardin lors de la cérémonie des Golden Globes, le 15 janveir 2012, à Los Angeles
Jean Dujardin lors de la cérémonie des Golden Globes, le 15 janveir 2012, à Los Angeles — Mark J. Terrill/AP/SIPA

«On frôle l’overdose là non?» C’est Chanukh qui le dit. Chanukh? Un internaute de 20 Minutes, qui commente une énième récompense décernée au film de Michel Hazanavicius, The Artist, qui a littéralement glorifié Jean Dujardin. Il faut dire que le film muet, en noir et blanc, enchaîne les prix (30 en tout)  et les louanges depuis le festival de Cannes 2011 et le prix du meilleur acteur pour Dujardin: Actor Guild Awards, Producers Guild Awards, Critics’ Choice Awards, Bafta, Goyas, Golden Globes

Vendredi soir, Michel Hazanavicius a ajouté plusieurs César sur sa cheminée, et pourrait les accompagner d'un Oscar dimanche. Un peu trop pour The Artist? Il y a de quoi se poser la question.

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Dujardin fait du Dujardin

La performance d’acteur de Jean Dujardin est saluée partout. A mieux y regarder, ses mimiques, sourires, levers de sourcils, ne vous font-ils pas penser à Brice de Nice, ou OSS 117 (également réalisé par Michel Hazanavicius)? La vraie performance, la vraie nouveauté, c’est qu’il fait des claquettes. Mis à part ça, Dujardin fait du Dujardin.

Merci Weinstein pour la campagne électorale…


Le célèbre distributeur américain Harvey Weinstein s’est très tôt emparé de The Artist pour sa diffusion aux Etats-Unis et a utilisé l’artillerie lourde pour la promotion du film. «Harvey Weinstein est très impressionnant dans sa manière de travailler. C'est extrêmement précis, c'est pensé, il se donne vraiment les moyens de mettre en place une stratégie. Il a rendu le truc sexy aux Etats-Unis», confiait Michel Hazanavicius à 20 Minutes il y a deux semaines.  Sans cette véritable campagne électorale aux Etats-Unis, aurait-on autant parlé de The Artist, même en France?

… Et merci aussi pour la réputation

Par ailleurs, la réputation d’Harvey Weinstein n’aurait-elle pas légèrement influencé les critiques? Il est de bon ton de rappeler le tableau de chasse d’Harvey Weinstein: 249 nominations aux Oscars et 86 statuettes dorées reçues pour ses productions. «S’il a choisi de distribuer The Artist aux Etats-Unis et de se démener autant pour le défendre, c’est que le long-métrage doit être exceptionnel», pourrait-on se dire.

Ce que les Etats-Unis veulent…

Michel Hazanavicius le confiait lui-même à la rédaction il y a peu, le film a fait un beau démarrage à sa sortie en France. Mais dès l’arrivée d’Intouchables sur les écrans, il a nettement perdu en spectateurs. Ce n’est que lorsque le film a été diffusé aux Etats-Unis, avec les premières critiques dithyrambiques qui ont suivi, que The Artist, ressorti d’ailleurs en France le 26 janvier, a cartonné. Le film aurait-il rencontré ce succès sans l’effet USA?

Un film audacieux… Et après?

L’engouement pour The Artist ne réside-t-il pas pour beaucoup dans son côté décalé? En réalisant un film muet en noir et blanc en 2011, à l’ère de la 3D, Michel Hazanavicius est perçu comme un cinéaste audacieux. Et si c’était avant tout pour ce pari-là qu’il était adulé, avant même de regarder le long-métrage de près?