Lueurs solitaires en Finlande

©2006 20 minutes

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Son nouveau film s'intitule Les Lumières du faubourg, un hommage « modeste » à Charlie Chaplin que le Finlandais Aki Kaurismäki considère comme « le plus grand cinéaste de tous les temps ». En dépit de son humour, dans les attitudes surtout, ce film est paradoxalement l'un des plus sombres de son auteur. Kaurismäki s'en étonnait hier, lui qui prétend vivre « dans un pays riche et prospère où les gens sont heureux. La preuve, Janne Hyytiänen, l'acteur du film, sourit tout le temps, même quand il dort... » Le comédien, peut-être, mais pas son personnage de veilleur de nuit qui tente de rompre sa solitude avec une fille rencontrée dans un bar et qui le mènera à sa perte. Ou alors s'il sourit, c'est une fois en prison, car « il a enfin trouvé des amis ».

Pour autant, Les Lumières du faubourg apparaît peut-être moins original et ambitieux que L'Homme sans passé (2002), précédent film de Kaurismäki qui lui avait valu le grand prix, celui de la meilleure actrice et la première « Palme dog » décernée à un chien. Quatre ans plus tard, la fille de ce chien est à l'écran. Ce qui tombe bien, car Kaurismäki « ne vise cette fois que la Palme dog ».

Stéphane Leblanc