Instantanés du grand flip cannois

©2006 20 minutes

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On l'appelle le grand mal cannois : une vilaine toux dont hérite chaque année le festivalier. Chaleur de la Croisette, fraîcheur des salles de projection surclimatisées. Le choc thermique est fatal, même pour les organismes les plus aguerris. Pour ne pas mettre en péril la santé de leurs bronches, les starlettes court vêtues, fuient les salles obscures et s'exposent. Au vent, au soleil et aux objectifs des touristes. Un lieu commun veut que la Croisette, ce soit déjà du cinéma. C'est faux. Pour les starlettes, ce sera tout au plus la bande-annonce d'un film qui ne se fera jamais.

La nuit, la température monte. Qui échauffe esprits, corps. Danse, musique, alcool... Quoi d'autre ? Les files, l'attente s'allonge. Les foules à l'entrée des soirées et des plages font écho aux bousculades de la journée. Qui pour l'autographe d'une star, qui pour une coupe de champagne en open bar. Une fois dans la place, si la musique est bonne (parfois), les sunlights des discothèques donnent la même couleur aux gens. Mauve, vert, bleu... La tribu des cinéphiles est couchée depuis longtemps quand celle des noctambules fait son cinéma. Seuls sur la piste, puis en groupe dans un lit, enfin. Ou sous un palmier.

B. C.