Chasseurs d'autographes et shooteurs de stars se retrouvent chaque année près des marches

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Mercredi, 16 h, le tapis rouge est déroulé, prêt à accueillir les escarpins dorés des stars du septième art. Face aux marches, derrière une rangée de solides barrières s'entassent déjà une centaine de personnes. Ils seront le triple à 19 h à jouer des coudes pour être le mieux placé. Casquette vissée sur la tête, Pierre garde le sourire. Entouré de sa bande, ce retraité de 64 ans est sur place depuis 9 h du matin. L'homme est un passionné de photos. Et particulièrement de photos de stars. Tout comme Patrice, son acolyte cannois depuis quatre ans : « On s'est rencontrés ici et nous sommes devenus amis. Nos femmes s'occupent des autographes pendant que l'on shoote les acteurs ! »

Pierre prend sa tâche très au sérieux : « Je fais cinq festivals par an, mais Cannes, c'est unique. Il me faut de beaux clichés parce qu'ils seront exposés au festival de Saint-Jean-de-Luz. » Pour ne pas fondre sous le soleil de plomb, ces photographes amateurs se sont bien équipés : « On a des sièges, des escabeaux et un parasol pour s'abriter... »

Arrive Claude, 42 ans, un ancien employé dans un lycée de Haute-Marne : « Lui, c'est la star ! », lance Pierre. Avec sa queue de cheval et son petit appareil numérique autour du cou, Claude est passé maître dans l'art de faire venir les stars près des barrières : « Depuis 1994, c'est moi qui hurle le plus fort. Mais je suis toujours poli, prévient Claude. L'année dernière, j'ai été le seul à avoir un autographe de Liza Minnelli. » Un peu plus loin, un couple de trentenaires pique-nique. Yannick et Ingrid passent trois jours à Cannes. Objectif : approcher leur idole, Tom Hanks. « Je rêve d'un autographe ou d'une bise. Mais je sais que ça ne va pas être simple », confie Ingrid.

A côté de ces forçats de l'autographe, une fervente d'un autre genre. Soeur Mary Michael, une religieuse anglaise, a entamé une prière de douze heures aux pieds des marches du Palais des Festivals pour protester contre la projection de Da Vinci Code, film d'ouverture du festival.

Cédric Couvez (à Cannes)