Cinéma: Les trois comédies que vous devez absolument voir en 2012

CINEMA Au Festival de Comédie de l'Alpe d'Huez, trois films formidables ont raflé toutes les récompenses...

Charlotte Pudlowski

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En haut, une photo du film «Starbuck», de Ken Scott, en bas à gauche, «Hasta la Vista» de Geoffrey Enthoven, en bas à droite, «Radiostars», de Romain Levy.
En haut, une photo du film «Starbuck», de Ken Scott, en bas à gauche, «Hasta la Vista» de Geoffrey Enthoven, en bas à droite, «Radiostars», de Romain Levy. — DR.

Si vous pensiez qu’en 2012 vous ne pourrez jamais rire autant qu’en 2011, qu’Intouchables resterait un souvenir singulier de l’an passé, détrompez-vous. Le film d’Olivier Nakache et Eric Toledano n’a fait que remettre la comédie sur le devant de la scène. Et le Festival de l’Alpe d’Huez qui s’est achevé ce week-end a notamment révélé trois films formidables et très différents: Starbuck, du Canadien Ken Scott, Radiostars, du Français Romain Lévy, et Hasta La Vista, du Belge Geoffrey Enthoven.

Starbuck, de Ken Scott

Le titre du film, qui a reçu le Prix spécial du jury et le prix d’interprétation masculine pour l’acteur principal, Patrick Huard, n’a rien à voir avec la marque de café. «Il vient d’un taureau qui a fait carrière au Québec dans les années 80, où il avait ensemencé 75% de toutes les vaches Holstein en Amérique du Nord», explique à 20 Minutes le réalisateur, Ken Scott. Le titre est un clin d’œil, car le héros est un quadra qui a été donneur de sperme dans sa jeunesse, pour se faire de l’argent, et se retrouve père de 433 enfants, qui veulent connaître son identité…

En plus d’être très drôle, ce film est une émouvante exploration de la paternité. Ken Scott a lui-même trois enfants, son coscénariste Martin Petit, deux. «Ce qui est épuisant», sourit le réalisateur, mais qui les a surtout fait réfléchir. «Nous avons le sentiment que la paternité a beaucoup changé ces dernières années: les pères sont de plus en plus présents, et cela suscite beaucoup de débats. Nous avions envie d’en parler de façon ludique et honnête.»

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Radiostars, de Romain Lévy

«Les comédies ont connu un creux pendant les années 90: on allait au cinéma et on se disait: moi ma vie c’est pas ça.» C’est le constat qu’a fait Romain Lévy, et quoi de mieux, pour pallier ce manque, que de raconter sa vie et celle de ses potes? C’est ce qu’il a réussi avec brio dans son premier long-métrage, Radiostars, qui a reçu le Grand Prix et le prix de la profession. Une troupe d’animateurs radio s’en va sur les routes de France à la reconquête de l’audience perdue. Romain Lévy raconte, en mélangeant des stars (Manu Payet, Clovis Cornillac) et de parfaits inconnus qui crèvent l’écran, un récit d’apprentissage, une histoire d’amitié. «Je l’ai fait comme un spectateur de film, j’ai mis dedans ce que j’avais envie de voir». Et manifestement, les spectateurs étaient d’accord avec lui: lors de la première au Festival de l’Alpe d’Huez, le film a été ovationné. «Les gens ont même loupé des vannes du coup, s’amuse Romain Lévy. Ils applaudissaient trop!»

Hasta La Vista, de Geoffrey Enthoven

«La première fois que j’ai vu ce film, au festival de Montréal, je me suis dit que je voulais absolument le faire voir, le partager!» explique Claude Lelouch, qui produit Hasta La Vista, film belge ayant reçu le prix du public au Festival de l’Alpe d’Huez. L’histoire? Trois jeunes gens qui entament un road trip depuis la Belgique jusqu’en Espagne, pour aller dans un bordel dont un ami leur a parlé. Ah oui! Et ces trois jeunes gens sont handicapés, l’un presque aveugle, le deuxième est paraplégique, le troisième tétraplégique. Le bordel dans lequel ils se rendent s’occupe «de gens comme eux». Ne croyez pas à un Intouchables bis, le film n’a rien à voir: d’abord il est en flamand. Ensuite, il va plus loin dans l’exploration du handicap, de l’amitié, de la famille et dans la façon qu’il a de vous tordre les tripes et de faire couler vos larmes sur un sourire.