«La colline aux coquelicots»: animation, solidarité et plaisirs de la vie

CINEMA La nouvelle production Ghibli, une histoire d'amour entre étudiants, est un pur enchantement...

Caroline Vié

— 

Dans le Japon des années 1960, Umi habite au sommet d'une colline qui surplombe le port de Yokohama. Au lycée, elle se lie rapidement avec l'intrépide Shun.
Dans le Japon des années 1960, Umi habite au sommet d'une colline qui surplombe le port de Yokohama. Au lycée, elle se lie rapidement avec l'intrépide Shun. — STUDIOS GHIBLISTUDIOS GHIBLI

Si papa Hayao Miyazaki avait été plombier, son fils Goro manierait sans doute la clé à molette, ce qui serait bien dommage pour les amoureux d'animation. Après Les Contes de Terremer (2005), adaptation d'un projet avorté de son père, c'est de nouveau une idée de son génial géniteur, réalisateur oscarisé en 2002 pour Le Voyage de Chihiro, dont s'empare Goro pour La Colline aux coquelicots. «Il y a beaucoup de ma propre sensibilité dans ce film car mon père m'a laissé très libre», précise ce quadragénaire souriant.

L'ombre d'une catastrophe

L'histoire d'amour contrariée de deux lycéens au début des années 1960 plonge le spectateur dans un Japon désuet, limite fantasmé. «Le film a été écrit avant les catastrophes qui ont frappé notre pays l'an dernier [tremblement de terre et accident nucléaire de la centrale de Fukushima], précise Goro Miyazaki, mais il est certain que cela a influencé notre travail. Nous avons insisté sur le fait que notre pays peut renaître de ses cendres.» Poétique et inspiré, ce conte, où une bande de gamins décide de sauver le foyer de leur lycée, est marqué du sceau de l'optimisme. «Je souhaite que le public puisse s'identifier à ces jeunes, résolus à se retrousser les manches pour donner corps à leur rêve. C'est pour cela que j'ai refusé toute incursion du fantastique dans mon histoire. La solution vient de l'humain», insiste Goro Miyazaki. La détermination semble être le maître mot d'une œuvre où plane le fantôme de la Seconde Guerre mondiale. «Le Japon a souffert tant par le passé que dans les temps présents, souligne le réalisateur. Il est indéniable que ces blessures marquent notre cinéma, mais il est d'autant plus important de livrer un message positif.» L'enchantement visuel de ce film nostalgique est constant et le rend fort recommandable pour toute la famille. Il y a de vrais morceaux de tendresse sur cette Colline aux coquelicots, ode à la solidarité et aux plaisirs de la vie.

 La bande-annonce: