«Hugo Cabret»: L'hommage de Scorsese à Méliès

CINEMA Une belle histoire autour du septième art...

Caroline Vié

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Le père d'Hugo Cabret (Asa Butterfield), orphelin de 12 ans, était horloger.
Le père d'Hugo Cabret (Asa Butterfield), orphelin de 12 ans, était horloger. — J. BUITENDIJK / GK FILMS

Georges Méliès sauterait sans doute de joie dans sa tombe s'il pouvait voir Hugo Cabret. L'histoire d'amitié entre un orphelin des années 1930 et un vieux cinéaste fatigué résonne d‘une telle admiration pour le réalisateur du Voyage dans la Lune qu'elle se communique au spectateur. On a même vu quelques critiques aguerris essuyer une larme à la projection de presse.

Deux génies pour un grand film

Cette fable, où le relief trouve tout son sens avec des plans-séquences vertigineux, est sans doute le film le plus personnel de son auteur. Il est facile de le reconnaître dans un enfant solitaire, geek avant l'heure, cherchant à faire revivre un vieil automate en errant dans les méandres d'une gare parisienne peuplée de figures extraordinaires. Il est aussi aisé de le retrouver dans le personnage du cinéaste visionnaire, pas toujours bien aimé, et dans celui du cinéphile précurseur protégeant l'œuvre de Méliès de la destruction.

S'appuyant sur un ouvrage signé par Brian Selznick (éditions Bayard Jeunesse), Martin Scorsese se livre comme jamais avec la complicité d'acteurs sublimes. De Ben Kingsley, dans la peau du grand Georges M., à Sacha Baron Cohen en militaire psychorigide. On garde cependant une grande tendresse pour Asa Butterfield, bambin mûri trop tôt dont les grands yeux ouverts sur la vie deviennent ceux d'un spectateur ébloui. Après ou avant avoir vu cette friandise sucrée juste ce qu'il faut, le livre Conversations avec Martin Scorsese, paru chez Sonatine, permet de partager davantage l'intimité d'un cinéaste qui n'en finit pas de célébrer son amour pour le septième art.

La bande-annonce en version originale sous-titrée: