«Donoma», film 100% indépendant à 150 euros de budget

CINEMA Cet ovni est un puzzle excitant avec des acteurs épatants...

Caroline Vié

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Chris (Laura Kpegli) et son bel inconnu (Sékouba Doucouré).
Chris (Laura Kpegli) et son bel inconnu (Sékouba Doucouré). — COMMUNE IMAGE MEDIA

Ce cri enthousiaste a retenti sur les réseaux sociaux pendant plusieurs mois: «Je veux voir Donoma!» Mais qu'est-ce que veut donc dire ce mot étrange? Il s'agit du lever du soleil en langue sioux et aussi du premier long métrage de Djinn Carrénard, jeune réalisateur, enfant naturel de la pub et du clip vidéo. Ce garçon entreprenant a repris les bonnes vieilles recettes des grands anciens de la Nouvelle Vague. Pour pouvoir se passer de producteurs et autres empêcheurs de tourner en rond, il a adopté les méthodes de la «Guerilla Filmaking», entendre par là qu'il a autofinancé cette fresque au budget annoncé de 150 € avec l'aide d'une poignée de comédiens convaincus.

Une aventure exceptionnelle

C'est autour de trois rencontres que le cinéaste a bâti son récit. Les aventures d'une prof commençant une relation étrange avec un élève turbulent, d'une photographe vivant une liaison avec un parfait inconnu et d'une agnostique s'interrogeant sur ses convictions religieuses après sa rencontre avec un croyant s'entremêlent pendant plus de deux heures. Et le charme opère grâce à la fraîcheur d'acteurs épatants (Salomé Blechmans, Sékouba Doucouré et Emilia-Derou Bernal en tête). Il serait dommage de réduire Donoma à son système de production dynamique, bien que l'équipe a traversé la France dans le bus du film, puis a rempli le Grand Rex parisien le mois dernier avec près de trois mille spectateurs. Ce puzzle inventif parvient à son but en prouvant le talent de son réalisateur et de ses interprètes. Plusieurs auraient pu lancer une aventure à la Donoma, mais seul Djinn Carrénard a pu signer ce film prometteur et brillamment dialogué. Au final, l'ovni sera distribué dans deux salles à Paris et trente cinémas en province. Allez voir Donoma!