Christophe Gans, le fan n'a pas sorti le grand jeu

©2006 20 minutes

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Silent Hill peine à choisir son camp entre effets gore et aventures pour public d'adolescents. Christophe Gans laisse l'amateur de cinéma d'épouvante sur sa faim avec cette adaptation d'un classique du « survival horror », ces jeux vidéo où des héros sont pourchassés par des créatures peu amènes. Monstres difformes et fanatiques religieux attendent une maman intrépide, résolue à retrouver sa fillette perdue dans une ville fantôme.

Mais l'action, trop délayée, perd le spectateur en route. « Nous avons voulu expliquer comment cette bourgade est devenue une sorte de triangle des Bermudes urbain », précise Gans. Et c'est là que le bât blesse. Roger Avary, notamment coscénariste de Pulp Fiction, a épaulé le Français pour entremêler les quatre épisodes du jeu vidéo « Silent Hill » et broder un scénario inutilement complexe autour des figures imposées du genre. Si recherche d'indices et rencontres avec des zombies dans des lieux inquiétants sont fidèles à l'univers du jeu vidéo créé par Keiichiro Toyama, les auteurs se fourvoient dans des intrigues parallèles qui sortent abruptement le spectateur de ce monde « ludique ». Sautant d'une histoire à l'autre, on a du mal à se sentir impliqué, encore davantage effrayé. Quelques beaux tableaux infernaux et la musique prenante de Akira Yamaoka rappellent que le réalisateur du Pacte des loups est aux manettes. On attendait davantage de frissons de la part de Christophe Gans, grand fan de cinéma d'épouvante dont la passion ne se communique pas à l'écran.

C. V.

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