Quels sont les critères pour devenir James Bond Girl?

CINEMA La française Bérénice Marlohe est l'heureuse élue qui jouera au côté de Daniel Craig dans le prochain «James Bond»...

Charlotte Pudlowski
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Berenice Marlohe, dans un téléfilm sur TF1, «Le temps est à l'orage» en 2008
Berenice Marlohe, dans un téléfilm sur TF1, «Le temps est à l'orage» en 2008 — Alberto Bocos Gil/TF1/SIPA

Règle numéro 1: Etre canon

Le physique importe peu. Du moment qu’il est à peu près parfait. Les producteurs des James Bond sont sympas, ils sont tolérants, vous pouvez être brune, blonde ou rousse. Ils font avec. Depuis quelques années, vous avez même vos chances si vous êtes noire ou asiatique. «Les producteurs des James Bond essaient d’équilibrer les blondes ou les brunes», explique Philippe Durant, journaliste cinéma, auteur il y a quelques années de Les James Bond Girls. «Ils sont arrivés plus tardivement à la James Bond Girl noire, et une fois qu’elles sont arrivées, une partie du public était scandalisé parce qu’elles l’étaient, l’autre parce qu’elles mourraient plus vite que les blanches. Mais désormais c’est la norme de ne plus avoir simplement des blondes plantureuses».

Pour ce qui est de la taille, du poids même (Monica Bellucci avait failli être prise à la place de Teri Hatcher) c’est très variable. Seulement, si vous espérez être une James Bond Girl qui couche avec James, il ne faut pas être trop jeune. James est gentleman. «Dans Rien que pour vos yeux, une toute jeune patineuse faisait des avances agressives à Roger Moore, qui jouait Bond, et il l’envoyait valser, parce qu’il sentait bien que son jeune âge allait lui nuire», rappelle Philippe Durant.

Règle numéro 2 : Avoir un cerveau
C’est une surprise hein? Parce qu’évidemment, ça n’a pas toujours été le cas. «Ursula Andress dans les années 60, c’était la James Bond Girl première période. Une femme sculpturale, qui n’a rien à faire, à part être là. Après elle, il y a eu des belles plantes pas très futées, voire idiotes». La pire étant dans L’homme au pistolet d’or: Britt Ekland jouant Mary Goodnight. «On se demandait pourquoi James Bond, un peu macho, ne lui mettait pas des claques», précise le spécialiste.

Puis le mouvement féministe est passé par là, on a greffé un cerveau aux jolies plantes, et elles sont devenues intelligentes. Avec parfois parmi elles des ingénieures ou femmes d'affaires, comme celles jouées par Denise Richards et Sophie Marceau. «Les James Bond Girls ne sont plus seulement des faire-valoir comme au début, mais des partenaires, donc il faut qu’elles soient intelligentes pour être au niveau du héros».

Règle numéro 3 : venir d’un pays «utile»
«Du point de vue de la production, il faut un équilibre de notoriété», explique Philippe Durant. «Si le James Bond est connu, comme Daniel Craig aujourd’hui, pas besoin de prendre une star pour jouer sa partenaire. A l’inverse, quand on lance un nouveau James Bond, il faut que sa partenaire élève le niveau de célébrité».

Un équilibre vis-à-vis du public que l’on retrouve aussi dans le choix de nationalité de la James Bond Girl. «Le héros, il n’y en a qu’un, il faut qu’il soit charismatique à peu près pour le monde entier, et que dans l’idéal il soit britannique». Mais la production dispose de plus de latitude pour ces dames, selon le journaliste. «Pour Demain ne Meurt Jamais, pour accompagner Pierce Brosnan, Monica Bellucci avait été envisagée. Mais elle était inconnue du public américain, on a donc ciblé le public populaire en prenant Teri Hatcher, qui n’avait pas encore fait Desperate Housewives mais était déjà connue du public américain pour des séries». Quand Sophie Marceau a été choisie à l’inverse, c’est parce que l’actrice est une icône au Japon depuis La Boom et qu’il était important de conquérir ce marché. «Le choix de Bérénice Marlohe aujourd’hui, c’est pour séduire le public français. Le dernier James Bond a bien fonctionné notamment parce qu’il y avait Amalric dedans. Nous sommes l’un des marchés les plus importants d’Europe, pour le cinéma. Il faut absolument nous préserver. En choisissant une française, les producteurs savent qu’ils vont attirer notre curiosité et l’attention des médias» analyse Philippe Brochant.

>> Qui est Bérénice Marlohe? A lire ici...

Règle subsidiaire : Ne pas vouloir faire une grande carrière
«Il y a un ostracisme de la James Bond girl. C’est quasi incompréhensible, mais presque toutes ratent leur carrière par la suite, à moins d’avoir été vraiment très connue avant. Certaines sont de très bonnes actrices – comme Eva Green. Mais il y a peut-être un amalgame, pas de la part des spectateurs mais de la part d’Hollywood», selon Philippe Durant. Jouer une James Bond Girl, «c’est une ouverture médiatique mondiale mais c’est un grand risque». Bonne chance à Bérénice Marlohe.