«OSS 117», l'espion qui gaffait

©2006 20 minutes

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Égypte 1955: le Caire est un véritable nid d'espions. Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde. René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l'ordre dans cette pétaudière au bord du chaos: Hubert Bonisseur de la Bath (Jean Dujardin), dit OSS 117.
Égypte 1955: le Caire est un véritable nid d'espions. Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde. René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l'ordre dans cette pétaudière au bord du chaos: Hubert Bonisseur de la Bath (Jean Dujardin), dit OSS 117. — AFP

Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117 en prend pour son matricule ! OSS 117, Le Caire, nid d'espions envoie le James Bond français créé par Jean Bruce dans l'Egypte des années 1950. Sa mission, qu'il accepte avec joie : mettre de l'ordre dans cette communauté cosmopolite tout en séduisant un maximum de jolies femmes et en évitant d'y laisser sa peau. Jean Dujardin se glisse dans le smoking de cet agent secret gaffeur persuadé d'être un as de l'espionnage alors qu'il accumule les bourdes. « Notre héros est ancré dans son époque, raconte le réalisateur Michel Hazanavicius. Il est misogyne, colonialiste, homophobe... C'est une sorte de synthèse ! Tout ce qui n'est pas français, blanc, masculin et de son âge, lui est inférieur. »

La grande réussite du film vient du détournement poussé jusqu'à l'absurde des codes du polar des années 1950. Des dialogues tordants signés par Jean-François Halin permettent à un Allemand de déplorer que les nazis aient « toujours le mauvais rôle » ou à Aure Atika de supplier le héros de la lutiner en l'appelant « crotale » d'une voix à la sensualité volontairement outrée. Les acteurs déclament leur texte avec une parfaite maîtrise du second degré en imitant le phrasé de la période tandis que photographie, costumes et décor rappellent également les séries B en Technicolor. Ce joyeux voyage dans le temps offre son comptant de scènes d'anthologie que Dujardin gratte la guitare en chantant Bambino en arabe ou qu'il fasse tourner en bourrique la ravissante Bérénice Bejo. Ce film réjouissant est plus proche de l'humour bon enfant du Magnifique de Philippe de Broca que des facéties parodiques d'Austin Powers.

Caroline Vié