George Clooney, candidat en marche

THRILLER La star dénonce avec délices les petits arrangements du monde de la politique...

Caroline Vié

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George Clooney interprète un candidat à l'élection présidentielle, dans son dernier film «Les Marches du pouvoir».
George Clooney interprète un candidat à l'élection présidentielle, dans son dernier film «Les Marches du pouvoir». — Metropolitan FilmExport

La politique passionne George Clooney qui s'est entouré de la fine fleur d'Hollywood pour explorer ce monde impitoyable, à côté duquel «Dallas» fait figure de thé dansant. Autour de «Monsieur What else?», l'omniprésent acteur de la rentrée Ryan Gosling (Drive), Paul Giamatti et Philip Seymour Hoffman font vivre la primaire démocrate comme un thriller. «George aime les comédiens et connaît les politiciens comme s'il les avait faits, précise Hoffman. C'est pour cela que son film est aussi instructif qu'amusant à jouer.»

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S'inspirant de Farragut North, une pièce de Beau Willimon, et de la campagne malheureuse de son père candidat au Congrès en 2004, Clooney met l'élégance racée de sa mise en scène au profit de ses acteurs tous talentueux. «Il nous a dirigés avec la gourmandise d'un chat qu'on aurait laissé seul avec un pot de crème», avoue Philip Seymour Hoffman, formidable en directeur de campagne manipulateur, dont les face-à-face avec son adversaire Paul Giamatti provoquent des frissons de plaisir.

Tous pourris, tous talentueux

«Clooney est l'un des rares comédiens à avoir la possibilité de monter un film sur son nom, ajoute Hoffman, et il met ce pouvoir au service d'une œuvre intelligente, nécessaire alors que les élections présidentielles se rapprochent à grands pas.» La perte de l'innocence d'un porte-parole naïf se lit sur le visage d'ange de Gosling, Candide lâché au milieu des loups, qui se disputent ce morceau de choix.

L'ambiguïté des rapports entre la presse et les politiciens est aussi au centre d'un scénario malin où Clooney s'offre un rôle de possible président au sourire ravageur. «Il ferait un politique épatant, avoue Seymour Hoffman, mais je le soupçonne d'aimer trop la vie et le cinéma pour se lancer dans cette carrière.»

Si M. Clooney n'occupera sans doute jamais la Maison Blanche dans la vraie vie, son charisme fait des merveilles à l'écran tandis qu'il évolue en squale entre mensonges et trahisons. Le régal de voir de grands acteurs se glisser dans la peau de ces hommes dont la morale est à géométrie variable justifie à lui seul l'ascension de ces Marches du pouvoir.