«Un monstre à Paris»
«Un monstre à Paris» — © Europacorp - Bibo Films - France 3 Cinema - Walking The Dog

CINEMA

«Un monstre à Paris»: une réussite monstre

«Un monstre à Paris» est un poème animé 100% français...

Bibo Bergeron s’est battu pour faire exister Un monstre à Paris, petit bijou de poésie tout en charme et en chansons. L’histoire d’une puce géante musicienne et d’une jolie chanteuse, dans le Paris de 1910, nous emporte dans un univers fantaisiste pétri d’humour et originalité. «J’y ai mis tout ce que j’aime: la musique, l’amour, l’amitié et une vision d’une France désuète et fantasmée», dit le réalisateur.

Quand la musique est bonne

«L’animation coûte cher et demande beaucoup de temps, ce qui fait que les producteurs sont frileux à l’idée d’investir», explique Bibo Bergeron. L’arrivée de Matthieu Chedid pour composer les chansons du film a été providentielle. «J’ai craqué sur le projet, déclare ce dernier, car je pouvais m’y impliquer à fond. Il y a beaucoup de moi dans le personnage principal. Il avance masqué comme je le fais quand je me transforme en -M-.» C’est chez DreamWorks, où il a réalisé La Route d’Eldorado (2 000) et Gang de requins (2 004) que Bibo Bergeron a appris l’importance d’avoir des stars pour doubler ses héros. «Mais contrairement à ce que l’on faisait à Hollywood, je n’ai pas copié la gestuelle des acteurs. Je sais cependant que la présence de -M-, de Vanessa Paradis et de Gad Elmaleh a été déterminante.» Cela n’a pas empêché la production de s’arrêter pendant presque un an, faute d’argent. «J’ai parfois cru que le film ne verrait jamais le jour», avoue Matthieu Chedid. Luc Besson ayant donné le coup de pouce nécessaire, Un monstre à Paris prend enfin les écrans d’assaut. «Je ne veux pas porter la responsabilité de toutes les productions françaises, dit Bibo Bergeron, mais il est indéniable que le succès de mon film pourrait aider d’autres cinéastes à monter leur projet.» D’autant que film est prêt pour l’export avec Sean Lennon à la place de -M-.