C'est beau, mais c'est froid

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Bertrand Bonnello va au bordel dans L'Apollonide, chronique d'une maison close de la Belle Epoque. Sa description de la vie des pensionnaires (incarnées par une brochette de fort jolies comédiennes) offre une galerie de tableaux d'une beauté indéniable. Las, le réalisateur du Pornographe (2001) froisse les étoffes précieuses et caresse les peaux dénudées sans émouvoir. La sensualité est cruellement absente d'une œuvre mortifère qu'un épilogue lourdaud sur la prostitution actuelle achève de plomber. Céline Salette, Hafsia Herzi et Jamsine Trinca peinent à exister en tant qu'êtres de chair et de sang dans cette chambre froide, galeries de portraits figés.C.V