Le film courage d'un cinéaste muselé

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Il est impossible de dissocier l'intrigue d'Au revoir, récompensé à Cannes dans la section Un certain regard, de l'expérience de Mohammad Rasoulof. Comme son héroïne avocate, le cinéaste iranien est muselé dans son pays où il a été condamné à six ans de prison pour subversion contre le régime. On ressent donc une sympathie épidermique à l'égard de cette œuvre tournée dans la clandestinité par le réalisateur de La Parabole (2008) comme un cri de révolte. On partage à 200 % son indignation en prenant fait et cause pour cette femme rêvant de quitter Téhéran pour partir à la découverte de cieux plus cléments.
Ces sentiments forts de solidarité suffisent pour rendre recommandable un film courageux si on n'est pas réfractaire aux longs plans-séquences et à un symbolisme appuyé.C. V.