«La Guerre est déclarée»: Un joli combat contre le cancer

CINEMA Le récit intime de Valérie Donzelli est une pure réussite...

Caroline Vié

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Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm se battent contre la tumeur de leur bébé.
Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm se battent contre la tumeur de leur bébé. — WILD BUNCH

Un jeune couple de bobos confronté à la maladie potentiellement mortelle de son enfant. Sur le papier, le sujet de La guerre est déclarée a de quoi faire prendre la poudre d'escampette aux ennemis des mélodrames, craignant de faire exploser leur budget annuel de mouchoirs en papier en une seule projection. Pourtant ce deuxième film de Valérie Donzelli, après l'amusant La Reine des pommes (2009), n'a rien d'un tire-larmes.

Des émotions puissantes

Des larmes il y en a, quand les héros, interprétés par Valérie Donzelli elle-même et Jérémie Elkaïm, son ancien compagnon à la ville, deviennent des combattants du parcours de santé. Mais leur hargne contre l'adversité est si puissante, leur désir de vaincre la maladie si contagieux que des émotions puissantes ne laissent pas la moindre place à l'apitoiement.

On chante, on crie et on aime dans ce film autobiographique, intense et merveilleusement vivant qui a connu un accueil triomphal en ouverture de la Semaine de la critique de Cannes avant de remporter des prix à Paris Cinéma et à Cabourg.

Majoritairement tourné avec un appareil photo permettant une grande liberté de mouvement, cette chronique d'un combat sans merci suit l'itinéraire de ses personnages du bonheur à l'adversité. Refusant un suspense facile, la réalisatrice trouve un équilibre gracieux entre réalisme et conte. Il y a de la magie dans ce drame que sa réalisatrice n'hésite pas à prendre à bras-le-corps pour livrer un message d'amour. Valérie Donzelli enrôle le spectateur dans sa guerre et le laisse comblé au terme d'une belle aventure humaine.