Basic et peu de suite dans les idées

©2006 20 minutes

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Quatorze ans après Basic Instinct, Sharon Stone reprend le rôle de la dangereuse Catherine Tramell dans une suite qui fleure bon le pur produit marketing. Devenue star en un écart de jambes, l'actrice tente de relancer sa carrière sur grand écran après une quarantaine de films aux succès très variables. Problème : alors que Basic Instinct se voulait provocant et sulfureux, Basic Instinct 2 ne vole pas plus hautqu'une série B. Tentative d'explication : la quasi-totalité de l'équipe a changé. En charge du projet de sequel (suite) pendant des années, Paul Verhoeven, le metteur en scène de l'original a été remplacé par Michael Caton-Jones à qui l'on doit le remake du Chacal.

Shooté aux clips MTV, Caton-Jones surcharge son film d'effets de style superflus. Ne maîtrisant jamais vraiment son intrigue, le réalisateur tombe même parfois dans la parodie déclenchant des éclats de rire inopportuns dans la salle...

Là où Verhoeven tentait de choquer les puritains sur le fond, Caton-Jones cachetonne et se noie dans la forme. Michael Douglas est pour sa part remplacé par David Morrissey, un acteur anglais aussi charismatique qu'un pudding. Plus habitué à jouer du Shakespeare que les sex-symbols, Morissey ne réussit jamais à recréer une tension sexuelle comparable au duo Douglas-Stone. Au rayon « fausses-bonnes » idées, un Londres moderne succède à la moiteur de San Fransico. Le pique à glace est détrôné par la ceinture... Et Sharon Stone ? A 48 ans, elle n'a pas pris une ride et son sex-appeal est intact. Ouf ! N'empêche, seule la torride scène d'ouverture restera dans les esprits de cette suite sans ambition.

Cédric Couvez