Michel Ocelot: «Je suis un traditionaliste qui sait vivre avec son temps!»

CINEMA Le créateur de Kirikou, Michel Ocelot, se confie à l'occasion de la sortie de ses «Contes de la Nuit» au cinéma...

Recueilli par Caroline Vié
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«Les contes de la nuit», de Michel Ocelot
«Les contes de la nuit», de Michel Ocelot — Studio Canal

Michel Ocelot, le papa de Kirikou est de retour avec Les contes de la nuit qui sort ce mercredi. Ces belles histoires gorgées de soleil et d’imagination sont de purs bijoux à découvrir au plus vite. Leur auteur a confié à 20Minutes ses pensées sur ce florilège magique comme sur sa conception du cinéma d’animation.

Pourquoi avoir choisi le format d’un film à sketches?

Pour retrouver la magie des contres d’autrefois. C’est un peu comme si des grand-mères venues de plusieurs pays racontaient des histoires à leurs petits-enfants. Les spectateurs sont les bambins qui écoutent ces contes et découvrent différentes cultures au passage. Je voulais que mon film soit varié dans ses thèmes et ses personnages.

Et la 3-D?

Le relief ajoute à l’immersion du spectateur en donnant l’impression d’assister à un spectacle de théâtre d’ombres. Je trouve magique de pouvoir utiliser une technique moderne pour donner une nouvelle jeunesse à un art traditionnel. J’ai donc sauté sur l’occasion de jouer avec le relief.

Comment vous inscrivez-vous dans le paysage de l’animation actuelle?

Je suis un traditionaliste qui sait vivre avec son temps. Je me souviens encore de l’époque où, avec une poignée de collaborateurs, nous faisions vivre décors et personnages avec des crayons, des morceaux, de bois, de papier et de verre. Aujourd’hui, mon équipe est plus grande et les ordinateurs plus nombreux, mais mon univers est resté le même.

Avez-vous été toujours convaincu que Kirikou aurait du succès?

Absolument. Ce qui était compliqué était de faire découvrir le personnage. J’étais certain que le public allait tomber amoureux de ce petit bonhomme à la minute où il le verrait. Kirikou est vraiment craquant. Je n’arrive d’ailleurs pas à lui échapper: je pense qu’il restera pour toujours petit, libre et nu. II ne grandira jamais et moi non plus.

C’est cette part d’enfance qui vous fait avancer?

Bien sûr! Même si le fait de réaliser des films implique évidemment de grandes responsabilités. J’arrive à trouver l’équilibre entre les deux versants de ma personnalité: le petit Michel aux yeux pleins d’étoiles et le cinéaste Ocelot qui gère une production. Ces deux aspects sont indissociables de la création d’un film d’animation. J’espère les conserver intacts.