Festival de Cannes: «In Film Nist n'est pas un film», un témoignage selon Jafar Panahi

CINÉMA e réalisateur iranien livre son quotidien d'homme condamné à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de tourner...

Stéphane Leblanc

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Jafar Panahi, condamné à 6 ans de prison et 20 ans d'interdiction de tourner.
Jafar Panahi, condamné à 6 ans de prison et 20 ans d'interdiction de tourner. — DR

De notre envoyé spécial à Cannes

«Personne ne m'a interdit de faire l'acteur ou de lire un scénario devant une caméra.» L'Iranien Jafar Panahi débute In Film Nist (ceci n'est pas un film) en racontant l'histoire de son film et en jouant des personnages face à la caméra de son ami Mojtaba Mirtahmasb. Résultat, un document qui témoigne du quotidien d'un homme condamné à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de tourner.

Les caméras restent allumées

Pendu au téléphone dans l'attente du verdict de sa procédure en appel, le film montre Jafar Panahi, certes confiné chez lui, mais entouré d'écrans (télé, Skype) ouverts sur le monde. «Ce qui compte, c'est que les caméras restent allumées», insiste-t-il dans ce film tourné clandestinement. Mojtaba Mirtahmasb a confirmé hier qu'In Film Nist «avait été transmis au festival en DVD et sur clé USB pour plus de sécurité».

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Et que sa sélection à Cannes «ne pouvait qu'apporter une bouffée d'air à une situation confinée». Aucune mesure de rétorsion n'est imaginée. «Nous ne sommes pas des kamikazes, le message n'est pas politique. On espère juste que ce film donne à réfléchir aux autorités et qu'il leur ouvre les yeux.»