Naomi Kawase, force de la nature

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   Forêts infinies, montagnes grandioses, vagues fracassantes. Bienvenue dans le Japon ancestral de Naomi Kawase, au milieu de fouilles archéologiques destinées à retrouver les vestiges ensevelis de la première capitale du Japon. C'est là, dans la région de Nara, au sud-ouest de l'archipel, que les montagnes sont habitées par des dieux. Et leur réveil est parfois brutal.
  Plus sophistiqué que ses précédents films, Shara ou La Forêt de Mogari, moins spectaculaire aussi, Hanezu est parsemé de références poétiques et d'images que l'on croit prémonitoires d'une catastrophe annoncée. La fragilité du monde, Naomi Kawase en a pourtant conscience depuis longtemps. « Le tsunami a été considéré comme le mal absolu, mais c'est un phénomène naturel, insiste-t-elle. J'ai appris à respecter la nature, à m'y fondre. Pourquoi l'homme veut-il tout dominer ? » Dans son film, la nature se rebelle. Les mauvaises nouvelles s'accompagnent non seulement d'un écoulement de sang, mais aussi d'images de tempête dans l'océan.A Cannes, Stéphane Leblanc