Festival de Cannes: «Appolonide», le beau bordel de Bonello

CINEMA Le film propose une plongée au coeur d'une maison close

A Cannes, Caroline Vié
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L'ennui prend vite pension dans cet établissement de luxure.
L'ennui prend vite pension dans cet établissement de luxure. — DR

Elles sont superbes les femmes de Bertrand Bonello dans Appolonide, souvenirs de la maison close. Surveillée par une patronne autoritaire (formidable Noémie Lvovsky), ces prostituées d'un bordel chic au début du XXe siècle gagne leur argent à la sueur du nombril.

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Des décors et des costumes superbes occupent l'œil un bon moment, mais ne suffisent pas à rendre attachant un pur exercice de style qui semble très vite bien vain. Même le calvaire d'une dame défigurée par un sadique ou celui de sa consœur terrassée par la syphilis ne touchent que modérément. L'ennui prend vite pension dans cet établissement où ces dames évoluent en douce complicité féminine au milieu de clients plus ou moins agités du bocal.

De nombreuses références cinéphiliques (Bunuel, Renoir…) réjouiront les puristes amoureux du 7e art, tandis qu'une fin moraliste achève de laisser les autres en dehors du coup.

Petite vertu et grand talent

Hafsia Herzi, Jasmine Trinca, Céline Salette, Adèle Haenel et Alice Barnole rivalisent de charme(s) pour attirer les clients de l'Apollonide, maiselles ne sont pas les seules à vendre leurs corps pour gagner leur vie.Emily Browning dans Sleeping Beauty de Julia Leigh, présenté en début de festival, jouait aussi les belles de nuit pour des hommes pervers et aisés.