Festival de Cannes: Tout savoir sur «Habemus Papam» de Nanni Moretti

FESTIVAL DE CANNES La fiche du film pour sauver la face lors des dîners...

A Cannes, Charlotte Pudlowski

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 Nanni Moretti et Michel Piccoli face à face dans «Hebemus Papam»
 Nanni Moretti et Michel Piccoli face à face dans «Hebemus Papam» — Festival de Cannes

Si vous avez raté le début

Conclave au Vatican: on élit un Pape dans une ambiance de cour d'école, c'est à qui aura la malchance d'être choisi. Cela tombe sur un cardinal (Michel Piccoli) qui fait une crise d'angoisse et refuse de se présenter devant les fidèles et de prononcer son discours au balcon.

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Les noms à retenir

Michel Piccoli incarne un Pape complètement perdu et très émouvant. Nanni Moretti incarne lui-même le psychanalyste (athée) chargé de soigner le Pape (sans lui faire parler ni de son enfance, ni de sa mère, et surtout pas de sexe). Le réalisateur italien incarne pour la deuxième fois un psychanalyste, après La Chambre du fils. Il faudrait peut-être aller régler ça sur un divan...

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Les anecdotes

Nanni Moretti s'était déjà penché sur la religion dans La Messe est finie en 1985 et il ne fait pas moins de vagues aujourd'hui. En Italie, où le film est à l'affiche depuis presque un mois, Habemus Papam divise l’église catholique. Beaucoup ont trouvé le film assez peu virulent sur le Vatican mais le vaticaniste Salvatore Izzo a de son côté appelé à boycotter le film dans le Journal des Evêques.

Notre avis

Quel pire patient un psychanalyste peut-il avoir, qu'un Pape, alors que la religion catholique croit en l'âme et non en l'inconscient? Et comment analyser un homme, quand tous les cardinaux font cercle autour du patient? L'idée de la psychanalyse est filée pendant tout le film, et Nanni Moretti fait du Vatican une cour d'école, dans laquelle les religieux ne sont plus que des enfants. Que faire quand le (Saint-) Père ne veut pas régner? Le réalisateur explore la question avec un humour fou, mais toujours sobre, des situations burlesques (les cardinaux apprenant à jouer au volley pour se distraire, ou le Pape voulant intégrer une troupe d'acteurs jouant Tchekhov) et un humanisme qui fait parfaitement mentir l'évêque Salvatore Izzo.

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