Chaleureux et râpeux comme un vin italien

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L'Italie s'invite aussi dans Tous les soleils. Le romancier Philippe Claudel, réalisateur d'Il y a longtemps que je t'aime (2008), y brosse le portrait cocasse et tendre d'un professeur de musique veuf tiraillé entre sa fille adolescente et son frère farfelu. Stefano Accorsi mène énergiquement ce petit monde qui le dépasse, tout en l'adorant. Il se fait voler la vedette par Neri Marcoré, tordant en réfugié politique refusant de quitter leur appartement strasbourgeois depuis que Berlusconi a pris le pouvoir. Plus doué pour la comédie de mœurs que pour le mélo, Claudel convainc davantage quand il s'amuse avec ses personnages que quand il tente d'analyser leurs failles. Cette comédie gouleyante comme un petit vin italien en a le charme et les défauts. Elle passe toute seule, mais empâte la langue par un abus de guimauve. Reste le charme fantaisiste d'un film qu'on prend plaisir à déguster à la façon d'une gelato festive, mais trop sucrée. C. V.