On se régale« Chez Gino», pizzeria pour cinéphiles

CINEMA José Garcia en cuistot qui s'improvise gangster

Caroline Vié

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Comme dans ses films précédents, Samuel Benchetrit multiplie les références au 7e art.
Comme dans ses films précédents, Samuel Benchetrit multiplie les références au 7e art. — MARS DISTRIBUTION

Ettore Scola et Dino Risi sont les parrains de Chez Gino, cri d'amour aux comédies italiennes des années 60-70. On y prend fait et cause pour José Garcia, restaurateur fauché s'improvisant gangster pour toucher un héritage. Samuel Benchetrit, également scénariste, se dirige lui-même en réalisateur ringard tournant un « docu-menteur » sur le bandit d'opérette. Las, le vrai méchant Sergi Lopez fait mal la différence entre réalité et fiction et on sent bien qu'il risque d'offrir aux bras cassés du ciné des chaussures en béton avec aller simple vers les grands fonds.

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Le réalisateur de J'ai toujours rêvé d'être un gangster proclame toujours aussi fort son amour du 7e art dans ce film truculent où il multiplie les références.
Truffé de gags et d'apparitions savoureuses (Ben Gazzara, acteur fétiche de Cassavetes fait plaisir à revoir), Chez Gino vibre de l'enthousiasme de la passion tout en passant avec élégance du burlesque au drame. José Garcia, en sosie d'Alberto Sordi qui se prend pour Robert De Niro, et Anna Mouglalis, en double pétillante d'Anna Magnani, s'offrent un pas de deux sur fond de suspense et de parmesan. Leur accord parfait est l'un des atouts majeurs de Chez Gino.

Entre pizza bourrée d'ingrédients surprenants et auberge espagnole, cette comédie originale retrouve la saveur des Monstres (Dino Risi, 1963) ou de Mes chers amis (Mario Monicelli, 1975) au point de donner une furieuse envie de revoir ces classiques.