Une mafia qui ne laisse pas la Suède de glace

CINEMA «Easy Money» est une adaptation du James Ellroy local

Caroline Vié

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La vente des romans de Lapidus talonnent celles de Millénium.
La vente des romans de Lapidus talonnent celles de Millénium. — BALTEL / SIPA

On voit souvent la Suède comme un pays idyllique dont la population monte des meubles avec des petites clés, quand elle ne mange pas du saumon fumé en se piquant la ruche à l'aquavit. Easy Money de Daniel Espinosa tire à gros calibres sur ces idées reçues en orchestrant un chassé-croisé brutal entre un étudiant ambitieux, un dealer en cavale et un gangster serbe

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D'après un best-seller
L'Argent facile, premier volet de la trilogie Stockholm noir parue chez Plon, a inspiré ce thriller brutal pour lequel l'auteur, Jens Lapidus, s'est appuyé sur des cas réels. « Quand j'ai écrit ce livre, je n'étais pas encore avocat. Maintenant que je le suis devenu, je suis tenu au secret professionnel bien que certains de mes clients me supplient de raconter leur histoire dans mes livres. » Deuxième meilleur vendeur de romans derrière Stieg Larsson (Millénium), Lapidus estime que la pègre suédoise a évolué depuis une dizaine d'années. « Nous avons affaire à des bandits de plus en plus violents », précise-t-il. L'auteur, que certains ont surnommé « le James Ellroy suédois » s'attache à montrer l'aspect humain de bandits qu'il refuse de juger. « En ce sens, le métier de romancier se rapproche de celui d'avocat car il s'agit de démontrer que personne n'est tout blanc ou tout noir. »
Pourtant, la radicalisation des méthodes des mafieux préoccupe grandement les autorités : « Diverses communautés et des jeunes de quartiers profitent du fait que de plus en plus de gens aisés consomment de la drogue pour essayer de gagner, très vite, beaucoup d'argent. Ils n'ont aucun respect pour la vie humaine. » Cette brutalité est omniprésente dans le film. Si Jens Lapidus ne l'a pas écrit, il soutient le long métrage à 100 % et approuve le choix de Joel Kinnaman, star montante locale, pour interpréter son héros avide d'enrichissement rapide. « Je souhaite que le film et mes livres montrent une autre image de la Suède, bien que je craigne que le gouvernement, vienne me tirer les oreilles en me reprochant de faire fuir les touristes », dit-il. Easy Money a, en tous cas, attiré du monde dans les salles suédoises, en s'y imposant comme le plus gros succès de 2010.