Liz Taylor: Mort d'une icône d'Hollywood

DECES Avec sa disparition, c'est une génération d'acteurs qui s'éteint...

Charlotte Pudlowski

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izabeth Taylor dans «Cléopâtre» de Joseph L. Mankiewicz, en 1963
izabeth Taylor dans «Cléopâtre» de Joseph L. Mankiewicz, en 1963 — NANA PRODUCTIONS/SIPA

L’actrice aux yeux violets s’est éteinte à l’âge de 79 ans ce mercredi à Los Angeles. Ces deux dernières années, Elizabeth Taylor avait plus fait parler d’elle pour ses  ennuis de santé et ses tweets que pour sa longue carrière.

>> Les réactions à la mort d'Elizabeth Taylor.

Et pour cause. Sa dernière apparition sur le grand écran remonte à 1994, dans Les Pierrafeu.  Liz Taylor s’était ensuite contentée de rôles dans un téléfilm et une série.

«J'ai traversé beaucoup de tragédies dans ma vie, mais je suppose qu'elles m'ont toutes appris quelque chose. C'est ainsi que je dois regarder les choses», avait-elle déclaré récemment sur Twitter.

Des débuts précoces

Tout avait pourtant commencé comme dans un conte de fées. Née de parents américains, marchants d’art, à Londres, en Angleterre, le 27 février 1932, Elizabeth Rosemond Taylor pose ses petits petons sur le sol américain à l’âge de sept ans, et décroche son premier contrat avec  Universal Pictures à 10 ans. There’s One Born Every Minute est son premier film. C’est avec la MGM que l’enfant précoce du cinéma américain va poursuivre sa carrière. En 1943, elle incarne Priscilla dans Lassie, chien fidèle et un an plus tard  obtient son premier grand rôle dans le Grand National, aux côtés de Mickey Rooney.

C’est sur ce tournage que les difficultés commencent. Elle y est victime de plusieurs accidents de cheval. Mais les recettes du film atteignent 4 millions de dollars et Elizabeth Taylor décroche un contrat longue durée avec le studio et rejoint la Little Red School, l’école des enfants stars au côté de Mickey Rooney, Judy Garland ou Margaret O'Brien.

Le premier baiser de cinéma

Derrière les paillettes, Liz Taylor entame une adolescence douce-amère. Elle explique en 1974, «J’étais une jeune fille, grandissant dans un étrange endroit, où il était difficile de différencier ce qui était vrai de ce qui ne l’était pas».

Mais ce qui était vrai, c’était son succès grandissant, de Le Père de la mariée, aux Quatre filles du Docteur March ou encore Cynthia,où elle reçoit son premier baiser de cinéma.

Liz Taylor, «plus grande que le cinéma»

Les plus grands cinéastes l’appellent bientôt, pour jouer avec les jeunes Apollon d’Hollywood. La jeune fille se retrouve avec Montgomery Clift dans Une Place au soleil, et bientôt près de James Dean dans Giant, puis à 25 ans avec Paul Newman, dans Une chatte sur un toit brûlant. A ce stade, elle en est déjà à sa deuxième nomination aux Academy Awards. Son premier Oscar lui est remis en 1960 pour La Vénus au vison et le deuxième en 1968 pour Qui a peur de Virginia Woolf?

La presse la place en couverture, l’étale sur ses pages glacées, avec ses films, mais aussi ses conquêtes amoureuses. «Elizabeth Taylor a été lancée par le cinéma, mais devint plus grande que le cinéma», raconte Peter Rainer, ancien président de la National Society of Film Critics aux Etats-Unis. «Elle avait cette présence de star fabuleuse, qui était aussi la cause et la conséquence de sa vie privée. C’était indissociable.»

Epouse en séries

Elizabeth Taylor se marie ainsi huit fois. Se marier était presque une seconde carrière. D’abord Conrad (Nicky) Hilton, héritier des hôtels du même nom. Durée: quelques mois. Il fut montré par la suite qu’Hilton l’avait battu durant toute leur relation – y compris pendant le voyage de noces.

Deuxième mariage? Michael Wilding, en 1952. Il a alors deux fois son âge. Durée? Cinq ans. Juste après le divorce, elle se marie brièvement avec Mike Todd. Il meurt dans un accident d’avion en 1958. Le mari suivant est Eddie Fisher – témoin du mariage précédent, qui voulait la consoler de son deuil. Il divorce pour elle, et Liz passe pour une briseuse de ménages.

Mais elle le quitte pour Richard Burton en 1963. Burton et elle tournent ensemble le film qui restera l’un des plus marquants de sa carrière: Cléopâtre. Lui restera son mari le plus longtemps: dix ans d’abord (ils divorcent en 1974) puis de 1975 à 1976 (ils s’étaient remariés en 1975). Elle eut par la suite deux autres maris: et lorsqu’elle divorça du dernier en 1996, elle promit : «Je ne me marierai plus jamais». Elle tint sa promesse.

«Je n’ai jamais eu l’intention d’obtenir autant de bijoux ou autant de maris», avait-elle confié dans une interview à Harper’s Bazaar. «Les hasards de la vie sont survenus pour moi comme ils surviennent pour n’importe qui».