l'art surgi d'une décharge

Caroline Vié

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Vik Muniz a composé des portraits avec l'aide des trieurs d'ordures.
Vik Muniz a composé des portraits avec l'aide des trieurs d'ordures. — EUROZOOM

Pour Waste Land, la réalisatrice Lucy Walker a suivi pendant trois ans et demi l'artiste Vik Muniz à Jardim Gramacho, la plus grande décharge à ciel ouvert du monde. Ce qui ne devait être qu'un documentaire sur la création d'une œuvre est devenu une aventure humaine en compagnie des « catadores », trieurs d'ordures dans la banlieue de Rio de Janeiro.

L'art comme moteur social
Vik Muniz avait décidé de réaliser des portraits des « catadores » dans des mises en scène réalisées à partir du contenu des poubelles. « J'ai découvert un univers de courage et de dignité », raconte-t-il. Issu d'un milieu pauvre avant de devenir la coqueluche des galeristes du monde entier, Muniz a changé la vie de ces hommes et de ces femmes qui l'ont aidé à composer ses tableaux. L'émerveillement des « catadores » quand ils travaillent ensemble puis qu'il leur offre leur portrait constitue de beaux moments de ce documentaire dont les recettes ont financé écoles et maisons. « Cette aventure prouve que la culture peut faire bouger les choses », déclare Muniz.
Le message optimiste de ce film couvert de prix était très important pour l'artiste. « J'espère qu'il fera considérer les déchets de façon différente et réfléchir sur notre société de consommation. » Pari gagné car on sort avec un total respect pour Muniz et ses sujets. « L'art est fait pour tout le monde », insiste celui-ci. C'est à ça qu'on le reconnaît. » Courez vite voir ce bijou de générosité !