Cinéma

Tragicomédieà la kurde

Hiner Saleem montre un aspect méconnu de la capitale en plongeant le spectateur au cœur de la communauté kurde dans Si tu meurs, je te tue. Cette découverte, il la partage avec Jonathan Zaccaï, ancien détenu pau...

Hiner Saleem montre un aspect méconnu de la capitale en plongeant le spectateur au cœur de la communauté kurde dans Si tu meurs, je te tue. Cette découverte, il la partage avec Jonathan Zaccaï, ancien détenu paumé, et avec la sublime Golshifteh Farahani, bouleversante fiancée à la recherche de son promis récemment décédé. Sur un sujet pas vraiment marrant, le réalisateur de Vodka Lemon refuse le pathos. Son cinéma pratique un humour féroce et libérateur où l'absurde de la vie trouve souvent sa place. A l'image de son actrice, chassée de son Iran natale pour avoir joué dans Mensonges d'Etat (2008) avec Leonardo DiCaprio, le film témoigne d'une belle vigueur dans l'adversité. Le choc entre traditions et modernité comme le poids de la religion sont au centre d'un conte savoureux. Le burlesque y copine avec le tragique en une forme de politesse du désespoir du meilleur aloi. C. V.