L'étrange affaire Manoel de Oliveira

CINEMA Centenaire, le cinéaste signe un conte fantastique...

Stéphane Leblanc

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Jeune fille blonde, ô combien singulière, Angélica sourit sur son lit de mort.
Jeune fille blonde, ô combien singulière, Angélica sourit sur son lit de mort. — Epicentre films

Etonnant Manoel de Oliveira. Un an après Singularités d'une jeune fille blonde, revoilà le cinéaste portugais de 102 ans qui sort un film encore plus singulier : L'Etrange Affaire Angélica. Où l'héroïne, toujours aussi blonde, se fait surtout remarquer… parce qu'elle est morte ! Du moins le croit-on. Car elle revient à la vie à chaque fois qu'un jeune photographe dirige son objectif vers elle. Hélas, elle n'imprime pas la pellicule, la garce. Ce qui a le don de rendre notre photographe raide dingue amoureux.

« L'essentiel est dans le réalisme, le fantastique et le comique », s'exclame Manoel de Oliveira, qui a repris pour le film un vieux scénario écrit au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il l'a dépoussiéré, réactualisé, même s'il prétend que « rien ne change jamais dans l'art ». Surtout pas l'idée de « l'amour absolu qui ne se trouve que dans la mort », puisée ici dans Gertrud de Carl Dreyer, le maître de ses débuts à l'époque du muet.