Le Paris d’Agnès Varda

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Après avoir offert une très belle édition DVD de ses Glaneurs et la Glaneuse, Agnès Varda dépoussière quelques oeuvres plus anciennes : Cléo de 5 à 7, film emblématique de la Nouvelle Vague où l’héroïne déambule deux heures durant et en temps réel dans un Paris fantomatique (1961) et Daguerréotypes (1975), documentaire très personnel sur les commerçants d’une rue que la cinéaste habite depuis 1951 : la rue Daguerre. On l’aura compris, le fil conducteur de ce coffret conçu comme une malle au trésors, c’est Paris. « Paris fictif et Paris réel », précise la cinéaste. Une ville tour à tour superbe et angoissante pour la jeune Cléo (Corinne Marchand) qui attend les résultats de ses analyses. Une ville plus familière et conviviale pour les protagonistes de Daguerréotypes, même si Agnès Varda ne se prive pas de rappeler, en bonus, les réactions hostiles de commerçants du bas – plus chic et snob – de la rue Daguerre : « Votre film est méprisable. Madame, ne passez jamais la tête haute dans notre bonne vieille rue. » La cinéaste n’en revient toujours pas. Parmi ses innombrables « boni » (comme elle dit, respectant ainsi la grammaire latine), Varda propose encore trois courts métrages très différents : le quasi expérimental Opéra Mouffe (1958), Les Dites Cariatides sur les statues disséminées dans Paris (1984), et Le Lion volatil, avec Julie Depardieu, celui de la place Denfert-Rochereau (2003). Stéphane Leblanc Cléo de 5 à 7 et Daguerréotypes, 2 DVD Ciné Tamaris, 30 e.