Uppercut sur grand écran

TENDANCE «Fighter»de David O'Russell raconte l'histoire vraie de frères boxeurs...

Caroline Vié

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« La boxe est un thème idéal au cinéma car il parle de dépassement de soi », estime l'ex-boxeur Jean-Claude Bouttier.
« La boxe est un thème idéal au cinéma car il parle de dépassement de soi », estime l'ex-boxeur Jean-Claude Bouttier. — J. WHILDEN / METROPOLITAN

Dans Fighter, David O'Russell revient sur les destins de deux demi-frères, Ricky Ward et Dicky Eklund, boxeurs de leur état. Le premier, interprété par Mark Wahlberg se bat sur le ring mais aussi en dehors. Il lui faut échapper à une famille « white trash » et tentaculaire pour triompher de ses démons.



Christian Bale (méconnaissable dans le rôle d'Eklund, taulard drogué) et Melissa Leo en maman autoritaire ont remporté un oscar pour leurs prestations à fleur de peau, mais ce n'est pas ce qui a le plus impressionné Jean-Claude Bouttier, champion de boxe mythique devenu commentateur pour Canal +. «J'ai assisté à des matchs du véritable Ricky Ward et je suis resté bluffé par le réalisme du film», dit-il. Ward a servi de conseiller technique à Mark Wahlberg, tandis que David O'Russel, le réalisateur des Rois du désert (1999), a fait appel à l'équipe de la chaîne américaine HBO, qui avait filmé les vrais combats, pour immortaliser ceux du film.

Vu et approuvé par un pro
« On en prend vraiment plein la figure, dit Bouttier. Fighter montre bien l'excitation qu'on peut ressentir quand un match de boxe est virtuose. » Le champion a aussi apprécié l'histoire d'un homme déchiré entre les siens et son désir de réussite. « La boxe est souvent le moyen de s'en sortir pour des jeunes venus de milieux défavorisés. Ce sport leur apprend la discipline », précise-t-il. Les authentiques Ricky Ward et Dicky Eklund, de nouveau complices, apparaissent au générique de fin, histoire de souligner leur approbation. Fighter rend un hommage passionné à leur histoire, entre défi sportif et triomphe humain. « La boxe est un thème idéal pour le cinéma car il parle de dépassement de soi, insiste Bouttier. Chacun peut s'y retrouver même s'il n'est jamais monté sur un ring. » En montrant l'universel par le prisme du noble art, David O'Russell a gagné son pari.

Sans caricature, tout en empathie, Fighter trouve sa place au panthéon des films du genre entre Rocky (1976) et Raging Bull (1 980). Il balance un uppercut en pleine face avec une rage d'enfer. On n'a pas tous envie de devenir boxeur, mais, en sortant de ce film, on a l'impression de mieux comprendre ce qui anime les gladiateurs du ring.