«Never Let Me Go»: L'amour au défi de la science

CHOC Une cruelle romance mêlée de science-fiction...

Caroline Vié

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Mark Romanek, remarqué en 2002 avec Photo Obsession, n'a pas mis d'eau dans son vin. Never Let Me Go, son nouveau film inspiré d'un roman de Kazuo Ishiguro, ne fait pas de cadeau à son public pour raconter la brève existence de jeunes gens promis à un destin funeste.

La rencontre entre le réalisateur et l'auteur des Vestiges du jour –porté à l'écran par James Ivory en 1993– donne un conte cruel, surpenant par une noirceur ne laissant aucun répit au spectateur.

Dépourvu d'effets spéciaux

Bien que l'action se déroule dans une Angleterre au look vieillot, univers parallèle au nôtre, le Japon plane sur des personnages qui se résignent à n'être que de simples pions dans une société où le clonage est devenu possible.

Ce film de science-fiction sans effets spéciaux détaille la belle histoire d'amour d'êtres qui se savent condamnés et pose une question angoissante : l'intensité de la vie peut-elle et doit-elle se mesurer à sa durée? Conte philosophique, fable tragique et récit romantique s'entremêlent pour livrer une réponse glaçante.

Trois stars en devenir

Pour incarner ses héros, Mark Romanek a réuni un trio au charisme ravageur. Keira Knightley (Pirates des Caraïbes), Carey Mulligan (Une éducation) et Andrew Garfield (le nouveau Spider-Man) sont les atouts majeurs d'un cinéaste qui laisse éclore les émotions sans les surligner. Si Never Let Me Go n'a rien d'une expérience très agréable, ce film fait du bien en nous remuant en profondeur.