Cinq bonnes raisons d'aller voir «127 heures»

CINEMA Le dernier film de Danny Boyle est en salle ce mercredi...

Charlotte Pudlowski

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James Franco dans «127 Heures», de Danny Boyle
James Franco dans «127 Heures», de Danny Boyle — © Pathé Distribution

C’est l’histoire vraie d’Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, qui tombe dans une gorge de l’Utah et se retrouve seul pendant 127 heures, le bras bloqué sous un rocher. Danny Boyle a choisi James Franco pour incarner ce survivant dans un film audacieux et très réussi. 20minutes.fr vous donne cinq bonnes raisons d’aller le voir. [ATTENTION SPOILER]

Parce que James Franco est un acteur exceptionnel

Indépendamment du fait qu’il est vraiment très beau, qu’il a déjà publié un livre ou qu’il se déguise en femmes pour faire des couv’ de magazines, c’est un formidable acteur. Allez jouer un type qui s’ampute le bras, dans un décor si étroit que vous vous faites des bleus en bougeant, sans partenaire en face de vous pour vous donner la réplique... James Franco parvient à transformer son personnage au fur et à mesure que les heures passent, et à incarner l’évolution psychologique d’Aron, d’abord furieux et sidéré de sa situation, puis au désespoir, mais ne lâchant jamais, s’ingéniant sans cesse à rester en vie. Il est surtout éblouissant dans ses délires et ses monologues. «James Franco possède une technique irréprochable», a expliqué Danny Boyle. «Il est allé au bout des choses, et il en a fait d’une certaine manière quelque chose qui tient autant de James Franco que d’Aron Ralston».

Parce que  Danny Boyle est fidèle à lui-même

Dès le début, le style Boyle fait mouche. Musique à fond, split-screen, le héros porte le dynamisme du film en agissant à toute allure: préparation au voyage, entrée dans les gorges de l’Utah en 4x4, cascades à vélo… Lorsque le film se retrouve coincé dans une crevasse avec son personnage, l’énergie de Danny Boyle ne s’épuise pas pour autant. Il se niche dans le paysage. Polychromatiques (criards, diraient les détracteurs) ce sont les éléments naturels qui deviennent les personnages. Le canyon orange, le ciel bleu, puis gris, puis la pluie torrentielle, c’est tout autour du personnage bloqué le paysage qui s’anime. Si vous aimez le style du réalisateur, vous allez être servi.

Parce que c’est un film concept

Danny Boyle réussit une prouesse: 1h34 de film, dont plus d’une heure avec un seul personnage qui ne peut pas bouger, très peu de dialogue, et une unité de lieu franchement audacieuse: une crevasse. Ajoutez à cela que le spectateur connaît la fin de cette histoire réelle: le héros s’en sort. Mais on ne s’ennuie pas une seconde. Cette attente solitaire et angoissante est interrompue par de menus détails qui rendent le film trépidant. Dans quelle position va-t-il dormir, que va-t-il boire une fois sa gourde vide? Les soliloques auxquels s’adonne Aron, avec son petit caméscope, trompent l’angoisse et la morosité. Surtout, le spectateur attend LA scène fatidique: celle où le héros va s’amputer de son bras pour se sortir de là. (Ne pas trop manger avant d’entrer dans la salle de ciné)

Pour apprendre comment survivre dans une grotte

Savoir que c’est une histoire vraie est aussi impressionnant. Aron Ralston a été guide lui-même, et fait partie d’équipes de sauvetage. Au fur et à mesure du film, il met en pratique différentes techniques de survie. Quoi boire quand vous n’avez plus d’eau? Lequel de vos outils utiliser pour essayer de déplacer le rocher qui vous écrase? Comment vous débrouiller pour dormir alors que vous êtes bloqué dans une position inconfortable? Voire comment vous amputer du bras si vous en avez assez d’attendre les secours…

Pour apprendre à vous retenir de vomir

Si toutes ces raisons ne vous ont pas convaincues, vous pouvez aussi vivre le film de Danny Boyle comme une expérience sensorielle. Comment assister à une scène d’amputation de plusieurs minutes sans vomir sur votre voisin, et en gardant les yeux ouverts? Testez-vous.