Gérard du cinéma: «L'Immortel», plus mauvais film de l'année

CINEMA La 6e cérémonie du genre se tenait ce lundi soir au théâtre Michel. 20minutes.fr y était...

Charlotte Pudlowski

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Fréderic Royer, Arnaud Demanche et Stéphane Rose, les créateurs des Gérard.
Fréderic Royer, Arnaud Demanche et Stéphane Rose, les créateurs des Gérard. — BALTEL / SIPA

Le charme opère toujours. Cette année, la cérémonie des Gérard s’était calée sur celle des César, pour égratigner le politiquement correct, et le petit monde du septième art. Pari une nouvelle fois réussi.

Surprise

Pour commencer, les catégories s’égrènent: «Gérard du chanteur qui fait l’acteur, ou le contraire, en tout cas dans un cas comme dans l’autre, il le fait mal» (Raphaël, dans Ces Amours-là), «Gérard du film où on t'explique que le racisme, c’est pas bien» (La Rafle et Hors-la-loi -«Des Juifs contre des Arabes, on y revient toujours», commentent les animateurs), ou «Gérard du film de partouzeur» (remis à La Horde).

Puis, pour remettre le «Gérard du petit couple qui se la joue Alain Delon et Romy Schneider dans Paris Match, mais qui fait plutôt penser à une pub de la Saint-Valentin pour des Mon Chéri», est appelé sur la scène du théâtre «un couple d’acteurs célèbres: Véronique et Philippe». Silence interloqué, jusqu’à ce que les deux invités ouvrent la bouche: ce sont Philippe Peythieu et Véronique Augereau, deux des plus célèbres voix de la télévision françaises, les doubleurs de Marge et Homer Simpson. La salle jubile, comme une assemblée d’enfants à qui on aurait offert des donuts.

Beaux joueurs

Un peu plus tard, arrive le «Gérard de l'acteur qu'on croyait mort depuis 1985, et qui en fait, tourne encore». C’est Henri Guybet (ex-Salomon-vous-êtes-juif) qui l’emporte. Il est dans la salle, guilleret. Il monte sur scène, avec ses 75 ans et son «équipe d’aides soignants, parce qu’à mon âge...» «Je suis très content d’être nommé aux Gérard parce que je ne l’ai jamais été ailleurs», se réjouit-il. Le public, ravi de voir un acteur qui se plie à la mascarade, l’acclame. Pendant ce temps, on lui prend les mesures: «C’est pour ma cabane en bois (comprenez de sapin). On me mesure souvent parce que je rapetisse.»

D’autres se sont déplacés. Judith Godrèche, (nominée pour le «Gérard du gros cul») ou Edouard Baer («Gérard de l’acteur qui avant nous faisait bien rire et maintenant nous fait bien chier») ne sont pas là, évidemment. Mais l’équipe du film L’Absence («Gérard du film que tu vas voir alors que ta meuf t’a largué... t’as perdu ton boulot... t’as appris que t’avais le cancer... mais bon, tu t’es dit: "La vie continue, je vais aller au ciné pour retrouver un peu de joie de vivre", et puis, t’arrives devant ton UGC, et là, au menu») s’est déplacée. A deux, ils montent sur scène, s’emparent du parpaing doré (le César des Gérard) et déclarent, gracieux: «Quand le cinéma français nous propose d’aller voir Camping, on a bien droit à quelques Absence

PS: Vous, les super lecteurs de 20minutes.fr, avez voté pour le «Gérard du film français sorti avec un titre en anglais parce qu’on sait jamais, sur un malentendu, on peut croire qu’il est américain», et vous avez choisi Kill me please, avec Virginie Efira. Vous avez eu bien raison.