Vous avez aimé «Bienvenue Chez Les Ch'tis», aimerez-vous «Rien à Déclarer?»

CINEMA Dany Boon recycle la plupart des caractéristiques de son succès international dans son nouveau film «Rien à Déclarer», qui sort dans toute la France ce mercredi...

C.P.

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Benoît Poelvoorde et Dany Boon dans «Rien à déclarer»
Benoît Poelvoorde et Dany Boon dans «Rien à déclarer» — © Pathé Distribution

Régionalisation, accents, comique de situation, de caractères et de gestes, amitié entre des personnages opposés qui se rapprochent à la fin et message de tolérance: Rien à Déclarer ressemble fortement à Bienvenue Chez Les Ch'tis, tous deux signés Dany Boon. Si vous avez aimé l’un, aimerez-vous l’autre? 20minutes.fr compare les deux films. 

La régionalisation

Le premier film racontait l’arrivée dans le Nord d’un Français du Sud craignant le froid, l’alcool et le désert du Nord-Pas-de-Calais. Rien à déclarer met en scène l’abolition des douanes en Europe à la frontière franco-belge, dans les années 90. Et les deux films se situent dans de petites villes, au sein du service public (poste puis douane). Mais les spécificités du Nord, avec l’explication de l’accent, du phrasé, avaient quelque chose d’un peu plus original que les blagues belges. Franchement éculées. Les Ch’tis 1 - Rien à Déclarer 0.

Philippe Abrams  vs. Ruben Vandevoorde

Le personnage de Kad Merad (Philippe Abrams) était plus subtil que celui de Poelvoorde dans Rien à Déclarer (Ruben Vandevoorde). Poelvoorde est un Belge foncièrement raciste, qui est amené à collaborer avec un Français (Dany Boon) une fois les douanes abolies. Il déteste les Français. Poelvoorde multiplie les mimiques, force la voix. Il n’est qu’une caricature du racisme quand le personnage de Kad Merad était un personnage attachant aux prises avec ses préjugés. Les Ch’tis 2 - Rien à Déclarer 0.

>> Lire l'interview de Benoît Poelvoorde: «Je ne suis pas la belgique à moi tout seul».

 

L’amitié

Les deux films mettent au centre de l’histoire une amitié qui se noue entre Dany Boon, le gentil tolérant, et un homme très différent de lui qui n’est pas parti pour l’aimer et déteste ce qu’il incarne: le Nord dans un cas, la France dans l’autre. C’est à peu près la même histoire (ils finissent par s’aimer, à l’initiative de Dany Boon dans les deux cas). L’amitié se noue plus difficilement dans Rien à déclarer, sans doute car les motifs sont plus retors. Dany Boon est amoureux de la sœur de Benoît Poelvoorde, et espère donc gagner l’amitié de celui-ci. Ce n’est pas pour autant plus fin. Les Ch’tis 3 - Rien à Déclarer 0.

Les personnages secondaires

Ils sont incontestablement meilleurs dans Rien à Déclarer. Dans les deux films, il s’agit plus ou moins de pions pour planter le décor local. Mais Line Renaud et Anne Marivin, dans Bienvenue Chez Les Ch’tis n’arrivent pas à la cheville du couple franco-belge incarné par Karin Viard et François Damiens dans Rien à Déclarer, tenanciers de bistro cupides, bêtes et réjouissants. Les Ch’tis 3 - Rien à Déclarer 1

 

 

Le message de tolérance

La morale, puisqu’il y en a une, est identique dans les deux films. La discrimination, c’est mal. Il faut aller à la rencontre de l’autre pour abolir ses préjugés. Hum. Dans les deux films, Dany Boon utilisait des astuces pour que le message paraisse moins niais: le Nord contre le Sud plutôt que Paris contre la province ou la Pologne contre la France. Et la France face à la Belgique, avec la xénophobie incarné par la Belgique, comme pour souligner avec ironie que non, la xénophobie ne vient pas de chez nous. 0 aux deux pour ce coup là. Décompte total: Les Ch’tis 3 - Rien à Déclarer 1.

>> Aviez-vous aimé Bienvenue Chez Les Ch'tis? Irez-vous voir Rien à Déclarer? Dites-le nous dans les commentaires....