«Angèle et Tony», chronique passionnée sur les sentiments

CINEMA Le premier film d'Alix Delaporte, histoire d'amour tendre, touche en plein coeur...

Caroline vié

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La comédienne Clotilde Hesme joue une ancienne détenue.
La comédienne Clotilde Hesme joue une ancienne détenue. — PYRAMIDE DISTRIBUTION

Il suffit parfois de pas grand-chose pour réussir un film. Angèle et Tony, premier long métrage d'Alix Delaporte, est un exemple époustouflant de ce que la tendresse peut apporter à une histoire toute simple. Un pêcheur en forme de gros nounours bourru et une ancienne détenue aux allures de fleur sauvage s'y apprivoisent dans un petit port normand pas vraiment hospitalier.



Touché par la grâce
Sur le papier, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ou vider une limande. Et pourtant, la délicatesse de la mise en scène comme l'interprétation nuancée de Grégory Gadebois et de Clotilde Hesme donnent envie de prendre fait et cause pour ces deux solitaires pas vraiment faits l'un pour l'autre. « Je voulais qu'on soit dans leur dé­sir, que ça nous emporte », explique la cinéaste. Cette aventure d'amour presque ordinaire s'en­vole entre réalisme romantique et drame social.

La lutte des pêcheurs pour sauver leurs entreprises menacées par le mondialisation affecte les rapports du couple en devenir. Les scènes de manifestations, violentes, prennent des allures de tempêtes, faisant écho à celle qui agite les cœurs des héros. « J'avais dans la tête les images de pêcheurs balançant des poissons sur les flics », se souvient Alix Delaporte.
Si on parle peu dans Angèle et Tony, la réalisatrice fait exister ses personnages dans ce silence permettant à chacun de communiquer ses sentiments par un langage coroporel aussi parlant que des dialogues ciselés. L'agressivité sexuelle de la jeune femme prête à donner son corps en offrande comme la passivité apparente de l'hom­­me, roc monolithique, évoluent vers une harmonie que la cinéaste capte délicatement.

Vibrante passion
C'est presque un ballet amoureux que nous donnent ces deux laissés-pour-compte faisant force de leurs faiblesses. Cette chronique qui a reçu le prix Michel-d'Ornano, récompensant un premier film français, vibre de passion comme dans la vraie vie.