«Harry Brown»: Sir Michael Caine, superbe redresseur de torts

CINEMA L'acteur britannique joue avec maestria le gentleman justicier...

Caroline Vié

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Michael Caine, déterminé à venger son meilleur ami.
Michael Caine, déterminé à venger son meilleur ami. — SURREAL FILMS DISTRIBUTION

A 77 printemps, Sir Michael Caine est toujours vert. Dans le rôle-titre d'Harry Brown, thriller signé Daniel Barber, il liquide les dealers qui ont tabassé à mort son meilleur ami. «Mon personnage n'a rien des justiciers qui prennent du ­plaisir à pratiquer la violence. C'est con­traint et forcé que cet ancien soldat des forces spéciales retrouve ses instincts guerriers.»

«Sauvé de la délinquance»

Gentleman jusqu'au bout des ongles, Caine n'est pas étranger au milieu brutal que décrit le film. «J'ai grandi dans le quartier où nous avons tourné, et mon métier m'a sauvé de la délinquance, précise-t-il. La différence est que de mon temps, les vieillards étaient sacrés. Le trafic de drogue a changé la donne.»

L'acteur milite pour aider ­l'éducation dans les milieux défavorisés comme celui qu'il a quitté. «Eduquer les gens est un choix politique, affirme-t-il . Un film comme Harry Brown montre les problèmes sans offrir de solution. C'est un simple divertissement.»

Caine est ravi de jouer face à des jeunes d'une cité de la banlieue de Londres. «Je me suis reconnu en eux et je leur souhaite d'avoir une aussi belle carrière que la mienne, dit-il. Moi, je n'ai pas perdu le plaisir de jouer la comédie, surtout quand on m'offre un rôle aussi original.» Depuis Harry Brown, Sir Michael a prêté sa voix à l'une des voitures de Cars 2 de John Lasseter pour «faire plaisir à ses petits-enfants».

Assidu aux Oscars

Caine planche aussi en bon élève sur les films présentés aux Oscars. «Je pense voter pour Natalie Portman [Black Swan] et Colin Firth [Le Discours d'un roi]», confie l'acteur. Oscarisé deux fois, pour Hannah et ses sœurs (1987) et L'Œuvre de Dieu et la part du diable (2000), il avoue dans un sourire se souvenir surtout d'avoir perdu face à Marlon Brando en 1973: «Il a refusé son oscar du Parrain pour des raisons politiques alors qu'il aurait pu me le donner.»