«Armadillo»: L'horreur tournée sur le vif

DOCUMENTAIRE «Armadillo» donne une claque en montrant la guerre en Afghanistan...

Caroline Vié

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Le quotidien de deux soldats danois engagés volontaires en Afghanistan.
Le quotidien de deux soldats danois engagés volontaires en Afghanistan. — L. SKREE

Préparez-vous à être secoué comme un soda à la pulpe de fruits. Le documentaire Armadillo de Janus Metz ne fait pas plus de cadeau à ses héros qu'aux spectateurs. Deux soldats danois engagés volontaires au camp d'Armadillo, dans la province afghane d'Hem­land, s'en vont en guerre nourris de jeux vidéo et d'idées généreuses pour aider la population. Ivres de bonne volonté et d'envie d'en découdre avec les talibans, ils déchantent progressivement et reviennent marqués à vie aussi bien dans leurs têtes que dans leur chair.

Entre beauté et horreur

Janus Metz et son chef opérateur Lars Skree ont partagé avec les soldats six mois d'un quotidien à base d'ennui, de conctacts difficiles avec des villageois hostiles, de combats aussi soudains que brutaux. La beauté des images traquant la vie monotone de troufions aux physiques sculpturaux alterne avec les images granuleuses de prises de vue sur le vif rendant toute l'horreur poisseuse des affrontements.

Armadillo choque en lais­sant le public presque aussi traumatisé que les jeunes engagés. L'excitation et la violence de la guerre ont rarement été aussi palpables que dans ce documentaire brillant récompensé en mai dernier par le grand prix de la Semaine de la critique à Cannes.

 

Réalisme et fiction

Metz a considéré chaque scène de son film comme une fiction en se concentrant sur les thèmes qu'il voulait aborder. Il s'est notamment inspiré d'Apocalypse Now dans son approche.