Raiponce, la nouvelle héroïne de Disney se prépare à un carton

CINEMA Le cinquantième film d'animation du studio offre un festival de magie et de cheveux en 3D...

Caroline Vié

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Walt Disney

Après avoir fait un vrai carton au Grand Rex à Paris depuis le 17 novembre, Raiponce s'apprête à séduire toute la Fran­ce. Et entrer par la grande porte dans le panthéon des héroïnes Disney.

Avec ses cheveux longs comme un jour sans pain et sa soif de vivre, cette princesse au caractère trempé a été enfermée bébé dans une tour par une sorcière qui utilise sa chevelure enchantée com­me cosmétique anti-rides. La belle, inspirée d'un conte de Grimm, va sortir de sa coquille grâce à un beau brigand venu se réfugier dans son donjon. « C'est une métaphore sur l'adolescence, dit le réalisateur Nathan Greno. Il y a un peu de Raiponce en chacun de nous dans son besoin de découvrir le monde. »

Les animateurs se font des cheveux
Pour donner vie à la chevelure de Raiponce, les animateurs se sont arrachés les cheveux. Glen Keane, superviseur de l'animation, s'est métamorphosé en coiffeur pendant près de quinze ans avant de parvenir à la mise en plis de ses rêves. « Le projet ne tenait que si on parvenait à faire bouger les mèches de façon réaliste et esthétique. Nous avons animé 140 000 cheveux différents », précise Keane. La 3D relief renforce le côté magique de cet imposant système pileux se transformant à volonté en cordage d'une solidité à toute épreuve, en arme redoutable, en fontaine de Jouvence lumineuse et en parure sexy.

Raiponce a tout pour séduire, mais son ennemie, mère adoptive incapable d'accepter son âge et doublée par Isabelle Adjani en français, lui vole souvent la vedette. « Elle est une méchante entre modernité et tradition Disney », précise Byron Howard, coréalisateur du film. Greno et lui sont également restés fidèles à l'esprit de la maison en faisant appel à Alan Menken, compositeur d'Aladdin, La Belle et la Bête et plus récemment, La Princesse et la Grenouille. « Ses chansons sont un atout majeur pour mieux cerner la psychologie des personnages », insiste Glen Keane. On retiendra notamment un numéro musical digne d'une scène de Broadway où de mauvais garçons à la mine patibulaire parlent de leurs rêves en musique.

Un enchantement permanent
L'animation d'une fluidité époustouflante emporte le spectateur d'une tour exiguë, à une forêt touffue en passant par un envol féerique de lanternes et une taverne sinistre. « Nous nous sommes beaucoup inspirés du parc Disneyland, avoue Nathan Greno. Il nous permettait de trouver des décors très variés sans avoir à voyager. » Le résultat bluffant prouve que Disney est resté au top. « Nous ne pouvons pas nous permettre de décevoir », insiste Byron Howard. Leur cinquantième film d'animation possède les atouts d'un futur classique.

Glen Keane, papa de raiponce, à la question

Glen Keane fait partie de ces génies dont on apprécie le travail sans connaître le nom. Vétéran de la maison Disney depuis trente-cinq ans, on lui doit Ariel dans La Petite Sirène, Aladdin, Tarzan et la Bête de La Belle et la Bête. « Pour créer Raiponce, je me suis inspiré de ma propre fille Claire, de sa gestuelle et de ses réactions », dit-il. Le maître est également fier des personnages secondaires du film, le caméléon Pascal et le cheval Maximus. « Ce dernier constituait un défi car animer un étalon qui bouge comme chien n'était pas évident. » Keane expose pour la première fois ses œuvres à la galerie Arludik (Paris, 4e). Infos : www.arludik.com.