La mémoire de l'occupation dans la peau

C. V.

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Comment ses beaux-parents français ont-ils obtenu l'appartement parisien d'une famille de Juifs déportés au début des années 1940 ? La question hante Kristin Scott-Thomas, journaliste américaine chargée d'une enquête sur la rafle du Vél d'Hiv en 1942. Dans Elle s'appelait Sarah, film inspiré du roman de Tatiana de Rosnay, Gilles Paquet-Brenner jongle avec le passé et le présent pour montrer comment l'un peut marquer l'autre de façon indélébile.
Doté d'une histoire puissante et d'une mise en scène bien maîtrisée, ce film se révèle cent fois plus bouleversant que La Rafle de Roselyne Bosch, et crédible dans la façon d'aborder le rôle des Français pendant l'Occupation. Si on déplore quel­ques baisses de rythme et une cons­truction un brin systématique, l'émotion prend le dessus notamment lorsque la reporter découvre l'ampleur du secret familial. Ce film a toutes les qualités d'un bon thriller historique hollywoodien. Et il est brillamment interprété, ce qui ne gâche rien.