Tranches de vie adolescentes dans un «ranch» parisien

CINEMA Le passage de l'adolescence à l'âge adulte a parfois le goût d'un gâteau tombé dans le sable...

C. V.

— 

DR

Le passage de l'adolescence à l'âge adulte a parfois le goût d'un gâteau tombé dans le sable. Dès les premières images de La Vie au ranch, le spectateur se sent admis dans l'intimité de cet appartement lilliputien qui donne son titre au film, où de bonnes copines à l'éloquence alcoolisée et enfumée refont le monde sous nos yeux.


LA VIE AU RANCH : BANDE-ANNONCE HD - de Sophie Letourneur

Mais petit à petit, le groupe se disloque quand vient le temps pour chacune de voler de ses propres ailes. De la folie fêtarde à la nostalgie blafarde, on passe un bon bout de chemin aux côtés de comédiennes d'un naturel éblouissant. Ce n'est pas si souvent qu'un film montre cette période de la vie sans snobisme, ni afféterie. La réalisatrice Sophie Letourneur, âgée de 32 ans, parle de filles normales qu'elle rejoint dans leur délire avant de les libérer pour une partie de campagne, qui marque le début de la débandade.

Amour, tendresse et cruauté
L'originalité de La Vie au ranch est de capter ces petits riens subtils qui transforment les meilleures amies du monde en futures étrangères, l'instant où les parenthèses enchantées de la fin de l'enfance sont balayées par un vent d'indépendance. Il y a de l'amour, de la tendresse et de la cruauté dans ce premier film révélant une cinéaste sensible et mordante. A suivre de près.