Le réalisateur Arthur Penn est mort

CINEMA Il avait réalisé «Bonnie and Clyde» en 1967...

C.P.

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Le réalisateur américain Arthur Penn lors d'une séance photo au 57e Festival de Berlin le 15 février 2007.
Le réalisateur américain Arthur Penn lors d'une séance photo au 57e Festival de Berlin le 15 février 2007. — REUTERS/HANNIBAL HANSCHKE

Arthur Penn, le réalisateur de la version de 1967 de Bonnie et Clyde est mort mardi soir, à l’âge de 88 ans, rapporte le New York Times.

Il avait commencé le cinéma par un flop: Le gaucher. Paul Newman avait beau y tenir le haut de l’affiche, le film passe totalement inaperçu aux États-Unis. Si inaperçu que le réalisateur retourne au petit écran dont il vient, et à Broadway.

Dans ces deux domaines, c'est déjà une star. Pour le devenir au cinéma, il attend son second film, Miracle en Alabama. Anne Bancroft y remporte l'Oscar de la meilleure actrice et Patty Duke celui du meilleure second rôle féminin. Arthur Penn lui-même est nominé comme meilleur réalisateur. Le succès auprès des publics reste relativement limité, mais la critique est très positive.

Sexe et violence

Il conquerra le public en 1967, lors de la réalisation d’un film sur le couple de gangster désormais le plus mythique des Etats-Unis: «Bonnie and Clyde». 

«Ils sont jeunes. Ils s’aiment. Ils tuent des gens»: le slogan du film annonçait bien le choc qu’il serait. Des images pareilles, c’est alors du jamais vu à Hollywood. Et même de l’impensable depuis qu’en 1934 un code de production imposait des règles très strictes sur ce qui pouvait être montré ou non à l’écran. Lors d’un hold-up, Clyde (Warren Beatty) tire par exemple droit dans le visage d’un employé de banque, et le couple (Bonnie est incarnée par Faye Dunaway) meurt dans une rivière de sang.

Changer l’histoire

Après Bonnie and Clyde, il y a Little Big Man, La Fugue ou Missouri Breaks. Rien d’aussi mémorable, mais le style de Penn reste en tête de tous les jeunes réalisateurs, grâce à lui prêts à déchirer les tabous, à s’écarter d’une certaine réserve qui préservait jusque-là.

«Arthur Penn a ouvert la voie à la nouvelle génération de réalisateurs américains», estime le scénariste américain Paul Shrader.

Il pourrait même avoir changé un petit peu plus que le cinéma, puisque c’est lui qui, en 1960, conseille le jeune sénateur John F. Kennedy, qui s’apprête à faire face à Richard Nixon à la télévision. Ses suggestions: regarder droit vers la camera, faire des réponses brèves, contribuent à l’aura du futur président. JFK sera élu quelques mois plus tard.