Wall Street 2: «Des personnes dont la cupidité m'a sidéré»

INTERVIEW Le scénariste du film explique ce qui a inspiré son écriture...

Recueilli par Caroline Vié

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Avant Wall Street 2, Allan Loeb a coécrit Las Vegas 21 et Une famille très moderne.
Avant Wall Street 2, Allan Loeb a coécrit Las Vegas 21 et Une famille très moderne. — G. MARCOCCHI / SIPA

Le monde des traders vu de l'intérieur. Allan Loeb, scénariste de Wall Street-L'argent ne dort jamais, a commencé sa carrière professionnelle dans la finance. C'est donc en observateur averti qu'il s'est lancé dans l'écriture du film d'Oliver Stone, en plein pendant le krach boursier de 2008.

Qu'avez-vous appris dans la finance?

Je travaillais au côté des traders au niveau le plus bas de l'échelle, en remplissant des formulaires. L'expérience a été formatrice du point de vue humain. J'ai rencontré des personnes dont la cupidité m'a sidéré. Pourtant, je n'ai rien contre l'argent.

Etait-il difficile de transposer cet univers à l'écran?

Le plus dur a été de créer une intrigue claire. Rien n'est plus rébarbatif que la finance quand on ne boursicote pas soi-même. C'est un peu comme une adaptation de jeu vidéo: on s'ennuie lors­qu'on ne tient pas la manette parce qu'on se sent exclu de la partie.

La crise qui a secoué l'économie mondiale en 2008 a-t-elle été une bénédiction pour le film?

Elle nous a donné de nouvelles idées, mais il s'agit d'une arme à double tranchant : le public peut avoir envie de voir une fiction pour mieux appréhender le sujet, comme il peut en être dégoûté au point de bouder le film.

Attendrez-vous le prochain krach pour faire un Wall Street 3?

Nous n'en sommes pas là. Je pense que la situation économique va lentement s'améliorer. Toutefois, aucune régulation ne changera la mentalité de gens prêts à tout pour gagner le maximum d'argent.

Gordon Gekko de retour au pays du dollar-roi

Wall Street-L'argent ne dort jamais, c'est d'abord le plaisir de retrouver Gordon Gekko, alias Michael Douglas, vingt-deux ans après Wall Street.

Ce manipulateur-né semble s'être amendé, mais il ne tarde pas à embobiner le fiancé de sa fille, trader. Oliver Stone jongle avec ses personnages au gré d'une intrigue taillée dans le granit des grandes productions d'Hollywood.

Douglas en vieux loup mordant, Shia LaBeouf en Rastignac new-yorkais et Carey Mulligan en écolo pétillante emportent le morceau sous une pluie de billets verts. On passe ainsi un moment agréable au pays du dollar-roi, avec le bonheur de ne pas en ressortir ruiné.

Cette fable à la roublardise assumée est une friandise proche du conte de fées pour adultes rêvant de grosse fortune et d'amours juvéniles.