« La Meute », des zombies sans mordant

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Pour un Alexandra Aja (Piranha 3D), qui sert le cinéma gore français saignant à point, avec coulis et inspiration américaine, il y a aussi des stocks de nanars. Pourtant attendu, La Meute de Franck Richard enfonce le clou dans le cercueil du genre. Emilie Dequenne y est envoyée dans un restaurant isolé tenu par Yolande Moreau pour servir de plat du jour à des créatures peu avenantes.
On n'attend pas de ce genre de film une psychologie poussée, ni des péripéties réalistes, mais un brin de cohérence serait le bienvenu. Il ne suffit pas de pomper des classiques (Massacre à la tronçonneuse, Nuits de cauchemar) pour briller par capillarité. L'inévitable mais excellent Philippe Nahon – véritable Jean Ga­bin de la série B – et le pâlichon Benjamin Biolay assurent un service minimum. Quant à Yolande Moreau, elle manie la carabine avec une jubilation peu communicative. De ce gloubi-boulga sanglant émergent quelques scènes inquiétantes, bien trop rares pour donner envie de suivre cette Meute. W C. V.