Xavier Dolan donne corps à de belles «amours imaginaires»

EMOTION Le jeune réalisateur de «J'ai tué ma mère» revient avec un film qui fait la part belle à la passion...

Caroline Vié

— 

Xavier Dolan, jeune acteur et réalisateur.
Xavier Dolan, jeune acteur et réalisateur. — MK2

A 21 ans, le Québécois Xavier Dolan impose son style entre pause esthétisante et sincérité à fleur de peau. Les amours imaginaires dont parle son film sont celles d'un garçon (Dolan lui-même) et d'une fille (Monia Choukri), amis de toujours se découvrant rivaux lorsqu'ils tombent raides dingues du même garçon (le mignon Niels Schneider).

Plus abouti que J'ai tué ma mère, ce deuxième long métrage scrute minutieusement les douleurs provoquées par un désir dévorant. L'étude des rapports entre les deux copains ballottés par un bel indécis étonne par son intelligence et sa maturité.

La jeunesse du cinéaste est néanmoins évidente dans son utilisation intempestive de procédés agaçants: zooms, confessions face caméra, bande-son bran­­chouille...

Des effets qui créent une distance entre le spectateur et les héros. L'agacement pointe souvent son vilain nez devant ces tics de mise en scène à la façon d'un Wong Kar-wai sous acide.

Heureusement, l'émotion brute affleure quand le réalisateur laisse tomber le masque pour dévoiler la force des sentiments. Le feu de l'adolescence ravive ce film imparfait, qui fait penser à la copie d'un élève brillant se laissant emporter au fil de sa plume.

La passion de cette jeunesse bouillonnante constitue à la fois la force et la faiblesse de ces Amours imaginaires.