La déchéance de Joaquin Phoenix filmée par Casey Affleck: intox?

CINEMA Joaquin Phoenix joue son propre rôle dans «I'm still here»...

Mélissa Bounoua

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A.MEDICHINI/AP

Joaquin Phoenix, l'acteur qui jouait Johnny Cash dans «Walk the Line», avait annoncé la fin de sa carrière après le film de James Gray «Two Lovers». Pourtant, à le voir vomir à la caméra, sniffer de la cocaïne et insulter allègrement tout Hollywood dans «I'm still here», un documentaire autour de sa nouvelle vie réalisé par son beau-frère Casey Affleck et présenté à la Mostra de Venise lundi, Joaquin Phoenix joue peut être l’un de ses meilleurs rôles.
 
Si «I'm still here» a été présenté et défendu par Casey Affleck comme un documentaire, filmé comme tel caméra à l’épaule, parfois mal cadré, les critiques qui ont vu le film lundi se demandaient si tout ça n’était pas une blague. «Certaines scènes semblent avoir été jouées», explique le journaliste de The Hollywood Reporter.



Ridicule, insultant, Casey Affleck montre un acteur qui ne ressemble plus à grand-chose et filme ses soirées avec des prostituées new-yorkaises. Sa nouvelle carrière de rappeur, c’est aussi ce que le réalisateur a cherché à montrer pendant plus d’un an et demi. «Mais tu fais ça comme une blague?» lui demande le rappeur Sean ‘Diddy’ Combs après que Phoenix lui a fait une démonstration.
 
Un bon documentaire sur Hollywood

Au milieu de ces scènes plutôt crédibles, ce sont les montages de vidéos YouTube, d’apparitions télé, et des moments exagérés toujours placés pour servir l’intrigue qui sèment le doute dans la tête des spectateurs. «Je vais sentir le trou du cul de cette meuf», dit Joaquin Phoenix à propos d’une prostituée dans une scène. Que l’acteur ne soit plus en possession de ses moyens c’est plausible, mais est-ce que son beau-frère voulait vraiment le présenter comme ça? 
 
Longuement ovationné à la fin de la projection à Venise, le film est l’un des plus divertissants du festival selon les critiques. «Le film dépeint la vie d’un acteur misérable et frustré qui n’arrive pas à dépasser son ancienne vocation», selon le Guardian.
 
A la fois tragique et drôle, Casey Affleck a prouvé qu’il était capable d’être un réalisateur radical et pourrait entrer dans cette catégorie de gens reconnus pour savoir montrer les failles d’Hollywood. Le film sortira vendredi 10 septembre sur les écrans américains et dans les autres pays anglophones.