Bernard Giraudeau, un comédien aux nombreuses passions

DECES Souvent connu pour sa carrière cinématographique, il était également réalisateur, producteur, scénariste et écrivain à succès...

B.D. avec AFP

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Le comdéien français Bernard Giraudeau alors qu'il s'apprête à présider la 23e cérémonie des Molières, à Paris, le 26 avril 2009.
Le comdéien français Bernard Giraudeau alors qu'il s'apprête à présider la 23e cérémonie des Molières, à Paris, le 26 avril 2009. — AFP PHOTO STEPHANE DE SAKUTIN

Comédien, réalisateur, écrivain et bourlingueur, Bernard Giraudeau, mort samedi matin dans un hôpital parisien à 63 ans, a joué avec le même brio les séducteurs romantiques de comédie et les héros tragiques, ambigus ou violents avant de passer à la réalisation et, avec succès, à l'écriture.

Nombreuses passions

En plus de trente ans de carrière, ce gaillard au sourire enchanteur et aux yeux clairs, qui ne voulait pas être «un fonctionnaire de la pellicule», a cultivé nombre de passions: théâtre, cinéma, voyage, écriture, sport.

Né le 18 juin 1947 à La Rochelle, en Charente-Maritime, fils de militaire, Bernard Giraudeau entame d’abord, à l’âge de 15 ans, une carrière dans la Marine nationale. Après être sorti major de l'École des apprentis mécaniciens de la flotte de la Marine nationale en 1964, il fait deux fois le tour du monde - d’abord sur le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, puis sur la frégate Duquesne et sur le porte-avions Clemenceau - avant de tenter sa chance en tant qu’acteur.

Il s'inscrit au Conservatoire de Paris, où il décroche le premier prix de comédie classique et moderne en 1974. Il apparaît au côté de Jean Gabin en 1973 dans le polar de José Giovanni Deux hommes dans la ville, puis enchaîne dans son registre préféré, la comédie (Et la tendresse, bordel? (1978), Viens chez moi, j'habite chez une copine), où il rencontre le succès.

Héros romantique, loubard, acteur dramatique...

Capitaine séducteur dans Passion d'amour (1980), d'Ettore Scola, Bernard Giraudeau passe du héros romantique au loubard, justicier solitaire dans Rue Barbare (1983), qui le révèle au grand public. Souvent comparé à Gérard Philipe, il démontre dans ces rôles plus dramatiques, son extraordinaire capacité de métamorphose.

Le flic alcoolique qu'il joue dans Poussière d'ange (1987) préfigure ses personnages antipathiques ou ambigus des années 90: prélat poudré dans Ridicule, patron pervers dans Une affaire de goût, beauf homosexuel dans Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, ou encore psychopathe diabétique dans Ce jour-là.

Parallèlement, Bernard Giraudeau retourne régulièrement sur les planches où il a débuté en 1971 à Paris avec Jacques Fabbri dans Pauvre France, et réalise deux longs-métrages (L'Autre, 1990 et Les Caprices d'un fleuve, 1996) et des documentaires.

Ecrivain à succès

En 2000, atteint d'un cancer, Bernard Giraudeau subit l'ablation du rein gauche, et en 2005 une métastase au poumon l’oblige à ralentir ses activités. Il consacre alors une partie de son temps à aider les malades en soutenant l'Institut Curie et l'Institut Gustave Roussy, et se met à l’écriture, avec succès (Le Marin à l'ancre en 2001, Les Hommes à terre en 2004).

Car s'il a été nominé à trois reprises au Molière du comédien, et à cinq aux Césars du cinéma, c’est sa carrière d’écrivain qui lui a valu le plus de récompenses. En 2007, il reçoit ainsi le prix Amerigo-Vespucci, du Festival international de géographie de Saint-Dié des Vosges, le Prix des lecteurs de L'Express et le Prix littéraire de la ville des Sables-d'Olonne lui sont décernés pour son roman Les Dames de nage.

Le titre se classe 15e des ventes de romans en France cette année-là. Il a publié son dernier titre, Cher Amour, en mai 2009, pour lequel il a reçu le Prix Mac Orlan en novembre suivant. Il n'avait pas pu se rendre à la cérémonie pour des raisons médicales.

Chevalier de la Légion d'honneur, Bernard Giraudeau a eu deux enfants avec l'actrice Anny Duperey, avec qui il a vécu en couple pendant 18 ans : Gaël, né en 1982, et Sara, née en 1985. Cette dernière a été sacrée révélation féminine de la 21e Nuit des Molières le 14 mai 2007.

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