Namibie, la nouvelle héroïne d'Eric Valli

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Sagesse ancestrale, amour filial, combat contre les démons intérieurs : La Piste retrace la quête initiatique d'une adolescente, Grace (Camille Summers) lancée sur les traces de son père géologue (Julian Sands, l'acteur de Chambre avec vue) disparu dans le désert africain à la suite d'un accident d'avion

Marche forcée dans les dunes, rencontre musclée avec des trafiquants de diamants, retrouvailles

Rien ne manque à ce spectacle grand public où Eric Valli transpose un peu de son histoire personnelle en offrant à sa fille, Camille, qui vit en Australie, un premier rôle très convaincant

« C'est elle qui m'a sollicité, affirme-t-il

Je lui ai fait passer les auditions sans révéler nos liens

Pour moi, c'est une façon d'exorciser l'absence

» Au-delà d'une fiction un peu convenue, La Piste vaut surtout par la magie de sa photographie

Le réalisateur d'Himalaya, l'enfance d'un chef a trouvé une nouvelle héroïne à la démesure de son cinéma : la Namibie

Fidèle à son engagement, il la prend à bras-le-corps comme peu de cinéastes oseraient le faire

Trois mois de tournage entièrement en extérieur, plus d'un million de kilomètres parcourus à travers plaines et déserts, un casting effectué dans les bas fonds de Johannesburg ou parmi les Himba, le « peuple rouge » de Namibie : Eric Valli reste avant tout un baroudeur, n'hésitant pas à faire porter le matériel à dos d'homme pour épargner l'environnement fragile du désert

Au final, La Piste apparaît comme une preuve d'amour un peu fou pour cet immense pays méconnu aux paysages à couper le souffle

Carole Chatelain