Entretien avec John Waters

© 20 minutes
— 

John Waters Réalisateur de A Dirty Shame. Comment vous est venue l’idée du film A Dirty Shame ? Aux Etats-Unis, la violence ne pose de problème à personne, mais le moindre bout de sein provoque un scandale. J’ai eu envie d’imaginer ce qui se passerait si des Américains moyens se laissaient aller à leurs pulsions. Pourquoi avoir choisi Baltimore comme « terrain de jeu » ? C’est ma ville natale, je la connais bien, et elle me semble emblématique du centre des Etats-Unis. Ici, les gens ne sont pas encore revenus de tout. Y êtes-vous encore bien accepté ? Je suis même une gloire locale ! C’est assez drôle car mes parents y habitent toujours. Comme je porte le même prénom que mon père et que beaucoup de gens ignorent que je vis à New York, c’est papa qui répond aux coups de fil obscènes qui me sont destinés. Vos parents ont-ils vu A Dirty Shame ? Ils ont insisté pour assister à la projection. Je le leur avais pourtant fortement déconseillé. Ce n’est pas un spectacle pour les octogénaires et j’avais peur que les journalistes les mettent mal à l’aise... Ils n’ont pas trop mal pris la chose ? Il leur suffit de siroter un cocktail pour se remettre. Je crois qu’ils ont fini par s’habituer à moi. Ils m’ont même avoué qu’ils étaient fiers de ma notoriété. Avez-vous eu des soucis avec la censure? Plus que je ne l’imaginais, bien que A Dirty Shame ne comporte pas d’images pornographiques. On m’a récemment montré la version de mon film destinée à être projetée dans les avions. Toutes les allusions sexuelles ont été gommées, si bien que l’ensemble n’a plus aucun sens. Recueilli par Caroline Vié